AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
tensions à aksana
Un climat de tension règne à Aksana depuis les fouilles faites par l'Empire.
Envie d'en savoir plus? Vient lire la gazette!
intrigue II - LE MARIAGE IMPERIAL
L'épisode trois de la saison une a été posté, il s'agit du mariage impérial unissant Saeko Yinren et le prince héritier. Viens donc y participer!
début de la maintenance le 22/09
On vous le rappellera par mp d'ici là.

Partagez| .

my hands are still searching for ways to say sorry (naosaure)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
gagnant animation
avatar
gagnant animation
‹ MESSAGES : 311
‹ AVATAR : bob morley
‹ CRÉDITS : ΛLDEBΛRΛN(ava&montage); astra(sign) + catharinaloss. & nightlock.(gifs)

‹ AGE : 28 goûtes d'amertume amèrement avalée font de lui un adulte à l'aigreur difficilement digéré.
‹ STATUT : destiné à personne d'autres que lui-même, prisonnier du contrôle des autres, les coeurs pas pris ne veut se faire prendre. fuyant les chaines comme le feu de ces passions, il s'accroche au froid dans ses veines.
‹ SANG : sang mêlé, jugé et condamné sur ce carmin dont il n'a aucun contrôle, il a toujours souffert la misère liée à ses origines.
‹ COMPETENCES : attaquant (niv. 1), fraternité (niv. 1), déloyauté (niv. 1)
‹ METIER : ombres du roi en devenir, il se forcé de longer les murs en sa présence
‹ ALLEGEANCE : sa famille de coeur et ses propres intérêts, ses craintes et sa rage l'ont poussé à se lier à la ligue et l'armée de pollux
‹ ADIUTOR : protecteur d'une idée plus qu'un homme, il défend le bien-être d'in roi en devenir
‹ POINTS : 1584

Carnet de bord
Inventaire:
Relations:

MessageSujet: my hands are still searching for ways to say sorry (naosaure) Sam 22 Juil - 23:10



 

 
YOU CAN LOVE SOMEONE FOR A LONG TIME
WITHOUT KNOWING HOW.


 
People aren’t suns or stars or skies. They can’t be. Bodies weren’t meant to hold the fire and the sea. But sometimes, sometimes I let myself think that maybe we used to be. And when I look at you,
IT'S EASY TO BELIEVE.


  Le palais des flammes était un brasier n’attendant qu’une étincelle pour s’enflammer. Le va-et-vient perpétuel des convives avait laissé place au chaos d’une rage passée sous silence trop longuement. Le cœur battant trop vite, le rythme saccadé de sa lutte se répercutait en un écho douloureux aux tempes de Naos. Une main posée sur la boursoufflure, comme s’il lui suffisait de frôler l’ecchymose pour en diminuer toute la mesure, il aboyait ses ordres aux gardes qu’il connaissait de longue date, leur loyauté le rassurant lui qui avait été fauché en ce lieu qu’il pensait être son terrain de jeu. Les heures avaient filé, les tambours de guerre battant un rythme entêtant continuaient de rompre cette soirée placée sous le signe de la peur. Ses prunelles sombres frôlèrent les frères Oshun, ceux-ci mêmes qu’il s’était juré de faire tomber dans le même souffle qu’il usait encore et encore afin de les protéger. Ses prunelles trop lourdes s’attardèrent à tort sur la princesse, le fou incapable de détourner les yeux face à ce naufrage à laquelle la belle semblait soumise avec une grâce qu’il ne pouvait supporter. Les minutes défilaient, le palais pris d’assaut retrouvait ses marques alors que le Jagger se perdait en palabres enragées face à l’incapacité des personnes présentes. Même s’il ne pouvait l’assumer, il avait eu peur le mêlé. Peur pour des gens qu’il ne pouvait aimer.
Dans ces manœuvres gravées en son encéphale, les convives étaient évacués alors que les différents Oshun devaient se retrouver parqués en leurs quartiers une horde de gardes sur leurs talons ainsi qu’affublés de leur adiutor personnel. Cependant, Weiss semblait introuvable, la cohue ayant divisé les individus au travers du palais, laissant une fleur faner au pied du brun sans que ce dernier ne sache que faire. Il offrit quelques mots à Cal, affublant ce dernier d’un nombre trop conséquent de garde en lui annonçant qu’il allait partir à la recherche de la mêlée manquante. Si l’Oshun en pensait quelque chose, il ne vocalisa pas ce qui sembla si clairement lui traverser les prunelles se laissant guider mollement par sa garde rapprochée. Libérée de ces spectateurs oppressants, la princesse ne s’affubla de sa propre garde, s’éloignant sans un mot sous les regards médusés des individus censés assurer sa protection. « Je m’en occupe. » S’entendit Naos dire la voix ferme et sans appel alors qu’il emboitait le pas au soleil menaçant de s’éteindre à tout instant. Le silence était pesant, le bruit des talons de la belle rappelant au Jagger à chaque nouveau pas qu’il n’était qu’un énième esclave courbant l’échine sur son passage. S’abandonnant à ce silence menaçant de leur faire boire la tasse, le révolté se prit à perdre pied sous les assauts incessants de ses propres pensées. Les souvenirs des mots échangés lui revenaient, cette peur ayant consumé ses entrailles toute la soirée durant empêchant son cœur de reprendre un rythme constant. Il souffrait les évènements s’étant produits plus que de raison, ses prunelles trop sincères incapables de contempler autre chose que la princesse qui menaçait de se briser à tout instant.
Le soleil avait un orage coincé dans les prunelles et Naos ne pouvait ignorer le fait que l’averse menaçait de s’échapper de ses paupières à la moindre bourrasque. Loin du public si prompt à lacérer ceux qu’il avait mis sur un piédestal, Naos perdit pied lorsqu’il entendit ce qu’il ne put méprendre pour autre chose qu’un sanglot. Ralentissant le pas, il trainait la patte derrière Isaure alors que celle-ci fendait les couloirs comme si elle n’avait pas conscience de l’ouragan en son thorax qui s’échappait par ses yeux. Pour la première fois depuis longtemps, le Jagger ne souhaitait pas rendre au ciel cet ébène dont on l’avait drapé à la naissance. Pour la première fois depuis trop longtemps, il voulait sauver son étoile, l’aider à briller, incapable de la voir s’éteindre en une gerbe d’étincelles comme il l’avait poussé tant de fois à le faire. « Hey. Hey, Isaure. Isaure, arête-toi ! » Les mots étouffés pour ne pas alerter de potentiels convives du naufrage prenant place à la vue de tous, le mêlé se prit à jogger derrière la belle afin de la rattraper. L’ignorant certainement, celle-ci ne lui accorda même pas un regard alors qu’il se retrouvait à son flanc. Poursuivant sa fuite, le silence seulement entrecoupé de ces sanglots qu’elle ravalait péniblement, Naos ne savait que faire pour lutter contre les flots lui qui était plus habitué à mener les embruns aux prunelles des gens plutôt que de les essuyer.
Le cœur serré par toutes ces choses qu’il ne savait nommer, il ne réfléchit pas alors qu’il tendait les doigts vers la supernova sans se soucier de se cramer les ailes par la même occasion. Son bras droit s’enroulant autour de la taille d’Isaure, il arrêta nette cette dernière, la forçant à se tourner vers lui sa main gauche fauchant la pommette humide de la belle. Le souffle saccadé de la jeune femme l’inquiéta, cette vulnérabilité mal ravalée dégoulinant de ses traits sans qu’elle ne semble capable d’en masquer l’étendue. On aurait dit que l’Oshun avait étalé l’effroi, la tristesse et la peur sur son faciès en se remettant du mascara. On aurait dit que la blonde faisait face à l’averse, les bras tendus et le cœur à nu, rien ni personne présent pour la protéger du froid si prompt à s’inviter dans ses os. « Respire, princesse. Respire. » Prenant une longue inspiration, invitant la jeune femme à en faire autant, il exhala lourdement, ses prunelles ne quittant jamais le regard humide de la belle. Dans ce silence lui enserrant les côtes, le poitrail écrasé par toutes ces choses qu’il ne pourrait jamais dire, Naos se prenait à maudire ces Septs en lesquels il ne croyait pas, ou presque. Les maudire pour cette histoire vécue en marche arrière, passée à haïr avant de connaître, à aimer au lieu d’oublier.
love.disaster
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
administrator
avatar
administrator
‹ MESSAGES : 493
‹ AVATAR : LILY JAMES, LA DEESSE.
‹ CRÉDITS : AV/@PERSEPHONE.
‹ COMPTES : YO, RK.

‹ AGE : âgée de vingt-huit ans, princesse de rien, de tout, adulte, enfant, elle a le coeur d'une adolescente, le physique d'une femme, l'impulsivité d'une enfant.
‹ STATUT : fiancée à un griffith, un boulet à son pied, pourtant ingénieuse alliance. si tout semblait s'être abattu contre elle, adonis ne semble pas si mauvais parti.
‹ SANG : sang bleu, princesse, royauté exécrée, elle est le fruit d'une famille qui ne connaît que sang et pouvoir.
‹ COMPETENCES : leadership (lv1), commérage (lv1), évaluation (lv1)
‹ METIER : princesse de pacotille, inutile petit bijoux appartenant à la famille royale, son seul métier est de courber l'échine et de sourire face au sang argent.
‹ ALLEGEANCE : elle-même, réitérant le même motto depuis trois ans, elle contre le monde entier, elle seule contre la terre entière.
‹ ADIUTOR : weiss, l'ange sauveur, la seule et unique personne, acompagné de son frère, en qui isaure a pleinement confiance.
‹ POINTS : 825

Carnet de bord
Inventaire:
Relations:

MessageSujet: Re: my hands are still searching for ways to say sorry (naosaure) Lun 24 Juil - 0:19


you can love someone
for a long time
without knowing how.


La main tremblait. Elle tremblait de peur, de frustration peut-être, d’un besoin de s’émanciper et de claquer, cogner quelque chose. Mais droite tel un piquet, elle ne dit rien, elle resta stoïque, attrapant sa main vagabonde par son autre moitié, les cachant dans les pans de sa robe. Elle sentait le cœur battre à tout rompre dans cette cage thoracique qui semblait tenir d’une prison contre ce palpitant explosif. Isaure avait eu peur, vraiment peur. Ils étaient entrés dans son palais, dans son futur fief, sa maison trouée par ses injustices, par ses défauts. Une sécurité de mise qui n’avait servi à rien, la richesse, les privilèges ne tenaient qu’à un fil, cette réalisation venait enfin de la frapper. Weiss n’avait pas été là, et si dans sa tête elle se savait vivante, elle avait l’impression d’avoir perdu l’autre moitié de son âme. Comprenant à quel point elle était jetable, fragile, faillible, cassable, incapable, elle sentait ses entrailles s’entrechoquer dans son ventre. Elles lui criaient de partir, de courir, de chercher Weiss, de la serrer dans ses bras et de la remercier, de la remercier d’être là, de l’aider, de la protéger. Le monde était vilain, moche, sanglant, sanguinaire, il était ce à quoi on l’avait façonné d’être. Les pavés tapissés de sang n’étaient qu’un doux rappel de l’injustice mêlé à l’extrémisme parcourant ces rues. Et ce soir, elle avait été frappé en plein cœur, comprenant, réalisant à quel point sa mère n’était pas son seul ennemi. Elle aurait pu peut-être les comprendre, s’ils n’avaient pas touché aussi près de son nid. Attaquant son cadet, s’attaquant à sa fierté, sa dignité. Il l’avait terrorisé et pour ce simple affront, jamais elle ne pourrait leur pardonner. Alors que lentement le palais reprenait un rythme essoufflé, elle sentait sa respiration se calmer, s’ordonner alors que les gardes cherchaient Weiss, Weiss qui avait disparu, qui n’était pas là. Le nœud dans son estomac se reforma y laissant une créature s’agrandir. S’il lui était arrivée quelque chose ? Et si elle était en danger ? Elle tenta de ne pas crier, de ne pas laisser l’écho de sa colère dans ces couloirs trop ouverts. Isaure ne pouvait se permettre d’être vulnérable, pas devant tous ces gens. Même dans une situation grave, même dans la tragédie, elle ne pouvait être faible, elle ne pouvait pleurer ou montrer sa peur. Elle devait être la pierre froide qu’elle était, le diamant brut, imperméable à n’importe quelle blessure. Elle était seule. La solitude qui venait frapper son esprit, ses mains vagabondes qui cherchaient à tout prix une victime ; Un tableau qu’elle pourrait griffer de toute sa rage, cette haine palpable. Elle s’était sentie bête, risible, ridicule, quand face à ces hommes elle n’avait pas su tenir tête. Elle n’avait pas su montrer le panache princier qu’elle s’était formée, cette carapace qui ne fonctionnait que quand ses alliés étaient auprès d’elle. Mais alors que Maven était tombé, que Weiss était absente, Isaure tenait sur un fil tel un funambule en détresse. Elle savait marcher, elle savait la direction dans laquelle où aller, et pourtant elle ne croyait être qu’un mirage, un songe, son âme s’étant égarée au passage.

Les gardes la laissèrent enfin en paix, alors qu’une ombre la suivait. Incapable de se retourner, de le chasser, elle vagabondait dans les couloirs à la recherche de ses appartements. Et alors que l’adrénaline tombait enfin, ses barrières n’étant retenues que par sa fierté ébranlée, finissaient, elles aussi par s’écraser. Les épaules en avant, les poings serrés, il n’y avait plus d’issue possible, il n’y avait plus besoin de se cacher, de se figer. Si l’ombre la voyait, et bien il pouvait en rire, mais le besoin de pleurer, de crier, de céder à la panique, à la peur était si grande, si prenante, qu’il lui fallait enfin s’y adonner. Un sanglot. Retenu, presque inaudible, qui s’échappa pourtant de sa bouche. Elle n’avait pas pleuré depuis bien des années, se promettant de ne jamais plus être touché là où le cœur se croyait incassable, c’était pourtant enfin qu’elle lâchait la carapacé, qu’elle se défaisait de son influence. Elle avait le droit de pleurer, elle avait le droit d’être vulnérable. Et alors que le premier sanglot s’émancipa, il ne fut pas longtemps suivi d’un autre, puis d’un autre, et alors que ses mains fermées dans des poings se jetèrent sur son visage pour y sécher les larmes, elle sentit sa respiration la prendre de court. Elle n’était pas en train de pleurer, mais bien de paniquer. Le cœur battait si violemment dans sa poitrine, qu’elle crut un instant s’écrouler au sol. Ses yeux piquaient, ses jambes tremblaient, alors qu’elle pensait enfin tomber, s’écrouler telle la tour qu’elle était, elle entendit une voix ; cette voix qu’elle ne connaissait que trop bien. « Hey. Hey, Isaure. Isaure, arête-toi ! » Elle aurait pu commencer à courir, si ses jambes avaient eu la force de la tenir. Elle continua pourtant sa route, courir pour laisser derrière elle une bataille qu’elle savait perdue. Elle avait été impuissante, voilà ce à quoi sa destiné l’avait forcé. Incapable de se défendre, d’user de son élément, de sa maîtrise pour se sortir d’une telle terreur, elle avait user de sa douceur physique pour s’en sortir ; pour survivre. Mais rien ne faisait plus sens, alors qu’elle croyait enfin tomber. Mais un bras l’attrapa au creux de ses hanches, alors qu’elle sentit une force graviter autour d’elle. La proximité qui l’empêcher de s’écrouler,s'afaisser, une proximité qui l’empêchait de respirer. « Respire, princesse. Respire. » Et pourtant, elle se voyait dans l’incapacité de respirer normalement. Elle croisa son regard, et y crut voir une once de pitié. Que faisait-il là alors qu’elle était à son plus bas ? Qu’espérait-il obtenir en la voyant si vulnérable ? Allait-il se venger des vilaines absurdités qu’elle avait pu lui envoyer à la figure ? Allait-il se moquer de l’enfant qu’elle était redevenue ? Cette douce et naïve gamine qui n’avait su qu’affronter ses peurs par la peur elle-même. Qui s’était évertuée à pleurer des torrents d’eau froide pour oublier, craquer, s’abandonner. Alors, Isaure respira, mais elle se laissa rythmer par les bas, par le cœur qui explosait, par les mains qui tremblaient, les jambes qui lâchaient. Où était Weiss ? Et si la balle qui avait touché Maven n’était pas allée à son épaule mais à sa tête ? Et si Cal avait réellement était fait otage ? Et si elle y avait perdu la vie ? Ne disant jamais adieu à ses proches, ses alliés ? L’adrénaline avait disparu n’y laissant qu’un tas chaotique de vulnérabilité. Isaure n’était plus rien, elle était redevenue l’enfant d’autrefois, pleurant dans sa chambre pour des choses qu’elle n’aurait jamais. Incapable de laisser un son s’échapper de sa bouche, elle sanglotait divinement mal. Elle se dirigea droit vers un mur, contre lequel elle se laissa glisser, s’asseyant en boule, une boule si fragile, aussi frêle qu’une plume. « J’ai.. J’ai du mal à respirer. » Elle défit son corset avec peine, maudissant les lacets dans son dos, alors que ses mains prisent dans une folle danse ne pouvaient s’empêcher de trembler terriblement. « Je.. crois... que je suis en train d’exploser. Est-ce que.. est-ce que tu peux tenir mes mains s'il te plaît? » Les mots se disaient si vite, et dans son regard s’illuminait la détresse, parce qu’elle pleurait, respirait à peine, ses mains semblaient appartenir à un autre corps, alors qu’elle s’abimait au sol telle la fleur fanée qu’elle était devenue.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
gagnant animation
avatar
gagnant animation
‹ MESSAGES : 311
‹ AVATAR : bob morley
‹ CRÉDITS : ΛLDEBΛRΛN(ava&montage); astra(sign) + catharinaloss. & nightlock.(gifs)

‹ AGE : 28 goûtes d'amertume amèrement avalée font de lui un adulte à l'aigreur difficilement digéré.
‹ STATUT : destiné à personne d'autres que lui-même, prisonnier du contrôle des autres, les coeurs pas pris ne veut se faire prendre. fuyant les chaines comme le feu de ces passions, il s'accroche au froid dans ses veines.
‹ SANG : sang mêlé, jugé et condamné sur ce carmin dont il n'a aucun contrôle, il a toujours souffert la misère liée à ses origines.
‹ COMPETENCES : attaquant (niv. 1), fraternité (niv. 1), déloyauté (niv. 1)
‹ METIER : ombres du roi en devenir, il se forcé de longer les murs en sa présence
‹ ALLEGEANCE : sa famille de coeur et ses propres intérêts, ses craintes et sa rage l'ont poussé à se lier à la ligue et l'armée de pollux
‹ ADIUTOR : protecteur d'une idée plus qu'un homme, il défend le bien-être d'in roi en devenir
‹ POINTS : 1584

Carnet de bord
Inventaire:
Relations:

MessageSujet: Re: my hands are still searching for ways to say sorry (naosaure) Lun 24 Juil - 20:50



 

 
YOU CAN LOVE SOMEONE FOR A LONG TIME
WITHOUT KNOWING HOW.


 
People aren’t suns or stars or skies. They can’t be. Bodies weren’t meant to hold the fire and the sea. But sometimes, sometimes I let myself think that maybe we used to be. And when I look at you,
IT'S EASY TO BELIEVE.


  Le grondement en dehors commençait seulement à faire trembler les murs du palais. Les enfants jouant aux dieux étaient pris par l’effroi de ces fondations branlantes sur lesquelles on leur avait demandé de s’élever. Le monde en dehors vibrait au gré d’un cantique porté par la rage du peuple, l’ichor dans les veines de ce dernier lui offrant des ailes quand il n’avait jusqu’alors fait que courber l’échine. Naos ne savait plus trop bien si on lui avait donné des ailes ou si on les lui avait brisés. Il souffrait la dualité rompant son thorax, lacérant sa chair sans qu’il ne puisse se décider à quel fragment de son être se raccrocher. Le mêlé se devait de garder la tête hors de l’eau, garder l’orage loin de ses prunelles sombres malgré les éclairs s’échappant de ses lippes. Il n’avait pas le temps d’affronter la marée à la nage, pas le luxe de se noyer dans ses propres pensées. Pourtant, il sentait le grondement qui prenait ses os, le doute qui agitait ses doigts alors qu’il lui fallait se retourner contre le monde ou sa propre personne dans la recherche d’un exutoire. Observant le masque si savamment ciselé de la princesse prise par les vents Naos aurait pu croire à cette apathie lui tirant les traits si on fond des prunelles n’existait pas ce vide prêt à lacérer tout sur son passage dans le simple but d’exister. Ce néant faisant gronder sa chair de la même langueur alors qu’elle s’échappait, lui glissait entre les doigts comme l’étoile qu’il n’avait pas le droit d’attraper. Homme à la dérive prêt à s’aliéner, il aurait dû envoyer les gardes de la belle à sa suite, lui offrant le réconfort froid de ces armures de glace l’accompagnant jusqu’à sa prison de verre. Au lieu de quoi, il avait décidé de la suivre, se jetant à corps perdu dans son sillage, pour une fois seulement réparer ce qu’il n’avait pas brisé à son image.
Les vagues de sanglots faisaient trembler la princesse comme une feuille. La belle peinait à tenir sur ses fondations et pourtant elle avançait d’un pas résolu, se gardant des vents en laissant les embruns couler de ses yeux comme des torrents glacés. Il y avait quelque chose chez le brun qui fut passé sous silence. Un bruit de fond auquel il s’accrochait en permanence qui sembla s’arrêter alors qu’il pouvait voir l’Oshun se briser à portée de ses doigts. Attrapant l’étoile filante avant la chute, la protégeant de la souffrance qu’était cette explosion d’étincelles là, il aurait voulu l’emprisonner en ses bras pour avaler ce mal l’empêchant de respirer, ce feu qui la consumait sans qu’elle ne puisse y résister. Le Jagger contemplait l’averse, les yeux de la belle rougis par le ressac de la mer sans savoir que faire pour ramener l’air à ses poumons quant à seulement la regarder il en perdait son souffle. Qui était-il pour ainsi ployer aussi aisément face à la princesse ? Depuis quand portait-il cette faiblesse à même le poitrail, incapable de repousser cette fragilité si ténue qu’il avait fini par en oublier qu’on pouvait le toucher en plein cœur, l’atteindre sous la cuirasse de malheur ? Un souffle, puis un second, Naos cru un instant qu’Isaure reprenait pied pour la voir s’effondrer de plus belle, soutenant avec aisance le poids d’une fleur fanée incapable de tenir sur ses racines. Pourtant, elle se défit aisément de sa prise, le mêlé trop étonné que pour rattraper les étincelles que la belle était devenue. La regardant poser un genou à terre avec la grâce et l’élégance d’un monarque, il détourna les prunelles un instant. Juste le temps de chasser de ses prunelles l’ombre de cette insécurité qu’il refusait de vocaliser, persuadé que l’astre rejetait l’aide de cette ombre qu’il était tant il avait pu la faire saigner.
Incapable de résister à sa curiosité, il posa ses yeux sur la détresse à ses pieds. Cette femme-objet que tous oubliaient dans le ballet inconscient d’une royauté ne demandant qu’à s’arrêter. Il la regardait comme si c’était la première fois depuis longtemps. Depuis l’époque révolue des rires et des joies, des sourires échangés à l’ombre de leurs secrets alors que la belle était un livre ouvert dont il savait connaître tous les paragraphes. Le livre ouvert à ses pieds n’était que blessure. Plaie ne demandant qu’à saigner dans l’espoir de pouvoir ainsi connaître les limites de la déchirure. Elle lui parlait sans pourtant le regarder, ses doigts s’agitant frénétiquement dans son dos comme un animal incapable de se défaire de ses chaines. Le cœur en berne, le regard plus pâle qu’à l’accoutumée, il posa un genou à terre devant la princesse, chevalier de pacotille conscient de ne pas pouvoir sauver la jeune femme de ce monstre-là, cette angoisse la rongeant en dedans. « Laisse moi t’aider. » Les mots ressemblaient à un souffle, rien de plus que le croassement du vent s’évanouissant sans que la belle ne puisse être sur qu’il avait véritablement parlé. Pourtant, il s’assit à côté d’elle, ses doigts trouvant les nœuds de sa cage pour en défaire la prise, libérant Isaure du corset comprimant jusqu’alors sa poitrine.
Ses yeux se noyèrent dans le trop-plein de celui de la belle alors qu’il butait contre les mots qu’elle avait prononcés avec urgence. Nouant ses doigts autour de ceux de la belle, il ne faisait pas confiance en ses prunelles pour ne pas dévoiler ses secrets. Après avoir détourné les yeux, laissant sa tête reposer contre la pierre lui servant de dossier, il aurait ri de la scène si lui non plus n’était pas au bord de l’apoplexie. Au lieu de quoi, le silence entre eux seulement entrecoupé par le souffle saccadé de la princesse, il restait là comme un con. Comme un chien de garde prêt à attaquer quiconque s’approcherait trop près de sa maîtresse. Pourtant, le mêlé savait qu’il se trompait d’individu au bout de sa chaine, courbant l’échine face à la mauvaise personne. « Tu veux savoir un secret ? » La voix douce, presque enfantine, il retrouvait de cette superbe que les années lui avaient arrachée, faisant de l’adolescent un adulte amer. Tournant son faciès vers la belle, Naos peinait à contempler plus longuement le naufrage prenant place à son flanc, balayé par les vents ramenant à lui la douleur et l’écume. « Je sais pas si ça te ferait du bien, mais… » Se raclant la gorge, chassant de ses cordes vocales cette vulnérabilité qu’il haïssait montrer, il offrit un sourire bien mince à Isaure alors qu’il concluait : « J’aimerais te prendre dans mes bras. » Pour la première fois, le Jagger tendait un drapeau blanc en direction de la jeune femme. Pour la première fois, il laissait parler les torrents ayant délavé son âme au point que le brun ne sache ce qu’abritait sa propre carne. Pour la première fois, les yeux plus humides qu’à l’accoutumée, les tremblements dans la main de la belle se répandant jusqu’à ses os, il se sentait fébrile aussi.
love.disaster
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
administrator
avatar
administrator
‹ MESSAGES : 493
‹ AVATAR : LILY JAMES, LA DEESSE.
‹ CRÉDITS : AV/@PERSEPHONE.
‹ COMPTES : YO, RK.

‹ AGE : âgée de vingt-huit ans, princesse de rien, de tout, adulte, enfant, elle a le coeur d'une adolescente, le physique d'une femme, l'impulsivité d'une enfant.
‹ STATUT : fiancée à un griffith, un boulet à son pied, pourtant ingénieuse alliance. si tout semblait s'être abattu contre elle, adonis ne semble pas si mauvais parti.
‹ SANG : sang bleu, princesse, royauté exécrée, elle est le fruit d'une famille qui ne connaît que sang et pouvoir.
‹ COMPETENCES : leadership (lv1), commérage (lv1), évaluation (lv1)
‹ METIER : princesse de pacotille, inutile petit bijoux appartenant à la famille royale, son seul métier est de courber l'échine et de sourire face au sang argent.
‹ ALLEGEANCE : elle-même, réitérant le même motto depuis trois ans, elle contre le monde entier, elle seule contre la terre entière.
‹ ADIUTOR : weiss, l'ange sauveur, la seule et unique personne, acompagné de son frère, en qui isaure a pleinement confiance.
‹ POINTS : 825

Carnet de bord
Inventaire:
Relations:

MessageSujet: Re: my hands are still searching for ways to say sorry (naosaure) Ven 25 Aoû - 0:31


you can love someone
for a long time
without knowing how.


La peur. Elle était à l’état brute enfouie dans son estomac bouffant ses entrailles alors qu’elle laissait des larmes défigurer son visage. Elle qui devait toujours être si forte, solide, tombait, se ruinait ; et pourtant c’était peut-être ce dont elle avait besoin. Peut-être qu’elle avait besoin de s’écrouler, d’assumer, de s’écraser au sol, de se prendre des coups dans la mâchoire, sur le visage. Sentir ces hématomes frotter contre sa peau tels d’incessants souvenirs. Personne n’était en sécurité, pas elle, pas ses proches, pas ses ambitions, pas ses acquis. Parce que finalement dans l’infâme monde dans lequel elle vivait, rien ne lui appartenait, pas même ses certitudes. Elle était tombée ce soir, bien plus bas qu’elle n’aurait jamais pu le penser. Un Piédestal qui s’était fendu en même temps que sa mine, que son arrogance. Elle croyait tout avoir Isaure, elle croyait être cette princesse qu’on ne pouvait toucher, qu’on ne pouvait blesser, mais finalement elle était plus frêle encore qu’une plume. Branlante entre ses envies, ses besoins, ses actions, ses ambitions, elle était une balance qui ne savait pourtant pas trouvée son milieu. Elle se foutait de lui, de ce qui l’entourait, finalement elle se foutait de qui elle était à cet instant, elle voulait revenir à ces temps-là où on lui avait laissé quelques minutes pour déverser ses larmes, ses frustrations. Isaure voulait redevenir une enfant pour une poignée de secondes, puis oublier, gommer cette faiblesse dont elle avait fait preuve. Dans le monde où elle vivait, il était interdit de montrer quelconque vulnérabilité, elle ne pouvait donc pas se permettre de perdre les pédales dans les couloirs ; et pourtant ils étaient vides, seul l’être tant détesté, l’ennemi fatal s’y trouvait. Ca ne l’empêcha pourtant pas de vaciller, de poser son poignet contre sa bouche pour étouffer un sanglot, pour s’asseoir et le regarder droit dans les yeux. Y voir peut-être quelque chose qu’elle n’y avait encore jamais vu ; de la pitié. Elle étouffait. C’était un fait, peut-être placébo, mais ses mains tremblaient, sa poitrine semblait vouloir se lever au rythme de ses respirations saccadées, mais son corset, cette robe sordide l’en empêchait. Alors elle jeta ses doigts sur l’animal qui la renfermait dans cette cage, elle essayait de détruire ces lanières qui lui collait à la peau. Pourtant, elle était vaincue, c’était trop lui demander de fonctionner correctement, de lier les bouts, alors que sa tête ne voulait plus. Coincée dans ce qu’elle aimait appeler sa prison miséreuse qu’était sa cervelle, l’âme semblait vouloir en rééchapper, mais comme le nœud qu’avait formé les lanières de son corset, rien ne se défaisait facilement. « Laisse-moi t’aider. » Elle leva à peine les yeux, elle sentit son toucher, elle sentit la libération tant attendue, alors que le morceau fatal traînait à ses pieds et que sa poitrine prit un énorme élan. Elle respira, elle revivait enfin. Mais le sanglot échappa à sa bouche, alors que ses lippes libéraient enfin la frustration, la colère, mais surtout la peur, celle qui s’était si docilement agrippée à sa cage thoracique. Un flot d’émotions qui rendaient un trop, un trop de choses. Elle craquait enfin, elle laissait les fissures s’installer contre sa peau pâle. Isaure n’était plus que fragilité, l’ancienne princesse dont elle croyait avoir laissé le cadavre dans sa tour solitaire. Mais au fin fond, si profondément, cette Isaure là ne s’était jamais noyée, elle avait simplement attendu la faiblesse, la brèche pour s’y immiscer et faner ce qu’il restait de la femme forte.

Panique. Probablement, c’était ce qu’elle ressentait. Elle avait vu son petit frère presque périr sous les doigts de résistants, ces chiens qui avaient osé levé la main sur un prince ; son petit prince. Ils les avaient presque tous amené, vendu aux plus offrants, espérant peut-être pouvoir en tirer bon parti. Mais les enfants Oshun n'avaient rien à offrir. Il n’étaient rien d’autre que le simple néant. On les croyait flamboyant, mais finalement ils n’étaient rien de tout ça. Ils étaient seuls, seuls et contre tous. Parce qu’ils n’aimaient pas et personne ne les aimait en retour. Un jeu du feu qu’ils avaient eux-mêmes provoqués. C’était par le toucher du gosse qu’elle revint à la réalité. Nouant ses doigts autour des siens, elle sentait un support, un appui, celui qu’elle n’aurait jamais cru possible. « Tu veux savoir un secret ? » Elle voulait savoir tous ses secrets. Parce que Naos, elle ne le connaissait pas, il ne la connaissait pas et pourtant il était là. Elle serra davantage la main, alors qu’une nouvelle vague de sanglots vint l’assaillir. C’était si pénible, de se remémorer le passé, de revoir tous ses souvenirs angoissants se déverser sur une personne alors que la peur prenait le dessus. Elle se revoyait trainée hors du palais, tirée par les cheveux pour se rendre dans une tour de solitude. Elle se revoyait ces années à pleurer, à crier, à se battre, à saigner pour obtenir une vengeance, une réponse à ses maux. Ca lui revenait en boucle, alors que son cœur s’affolait davantage. Et pourtant une once de curiosité s’affichait dans son cœur, alors que le garçon parlait. « Je sais pas si ça te ferait du bien, mais… » Isaure leva les yeux, ces yeux de biches qu’elle lui avait déjà lancé dans le passé. Parce qu’elle était égarée la princesse et elle ne savait plus à quoi se raccrocher. « J’aimerais te prendre dans mes bras. » Elle tremblait, elle ne savait même plus ce dont elle avait besoin. Une force, une cage qui n’en était pourtant pas une. Un reniflement, puis un autre et elle hocha la tête. « D’accord. » Drapeau blanc, trêve de quelques minutes pour se sentir en sécurité. Elle déposa sa tête contre son épaule, cette épaule qu’elle avait autrefois si souvent côtoyée. Sur laquelle elle avait aimé se reposer, c’était familier, pourtant un terrain inconnu. Parce que cette Isaure là avait disparu, et le Naos d’autrefois n’avait jamais vraiment existé. Deux inconnus qui semblaient pourtant se connaître ; s’apprivoiser après des années de haine. Pour quelques secondes, quelques secondes de répit dans cette guerre qui ne prendrait jamais fin. « Juste pour quelques secondes.. » C’était peut-être une excuse, mais la méthode faisait son effet. Si elle tremblait toujours terriblement, si elle sentait son cœur s’emballer, se déchirer dans sa poitrine, les sanglots avaient enfin pris fin. Alors que ses yeux rouges semblaient secs, alors que les larmes semblaient enfin disparaître. « Merci. » Un mot sincère, le premier peut-être après cinq ans. Et elle le serra davantage entre ses bras, comme un naufragé à sa bouée.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
gagnant animation
avatar
gagnant animation
‹ MESSAGES : 311
‹ AVATAR : bob morley
‹ CRÉDITS : ΛLDEBΛRΛN(ava&montage); astra(sign) + catharinaloss. & nightlock.(gifs)

‹ AGE : 28 goûtes d'amertume amèrement avalée font de lui un adulte à l'aigreur difficilement digéré.
‹ STATUT : destiné à personne d'autres que lui-même, prisonnier du contrôle des autres, les coeurs pas pris ne veut se faire prendre. fuyant les chaines comme le feu de ces passions, il s'accroche au froid dans ses veines.
‹ SANG : sang mêlé, jugé et condamné sur ce carmin dont il n'a aucun contrôle, il a toujours souffert la misère liée à ses origines.
‹ COMPETENCES : attaquant (niv. 1), fraternité (niv. 1), déloyauté (niv. 1)
‹ METIER : ombres du roi en devenir, il se forcé de longer les murs en sa présence
‹ ALLEGEANCE : sa famille de coeur et ses propres intérêts, ses craintes et sa rage l'ont poussé à se lier à la ligue et l'armée de pollux
‹ ADIUTOR : protecteur d'une idée plus qu'un homme, il défend le bien-être d'in roi en devenir
‹ POINTS : 1584

Carnet de bord
Inventaire:
Relations:

MessageSujet: Re: my hands are still searching for ways to say sorry (naosaure) Lun 28 Aoû - 22:49



 

 
YOU CAN LOVE SOMEONE FOR A LONG TIME
WITHOUT KNOWING HOW.


 
People aren’t suns or stars or skies. They can’t be. Bodies weren’t meant to hold the fire and the sea. But sometimes, sometimes I let myself think that maybe we used to be. And when I look at you,
IT'S EASY TO BELIEVE.


  Les Oshun n’étaient rien de plus que des miroirs se renvoyant la même image à l’infini. Surfaces lisses, policées qui ne renvoyait que du vide tant et si bien qu’en leur vanité ils ne savaient plus d’où venait l’horreur les rendant livides. La famille des flammes n’avait plus rien des dragons auxquels on les associait si aisément. Sous l’éclat de leurs rubis, les rayons solaires provenant de leurs crinières, les Oshun n’étaient que des enfants souffrant de ne savoir comment exister. Des gamins forcés de se bâtir sur les restes calcinés de leur foyer, rien de plus que du charbon entre les doigts et même pas les cendres d’un père pour leur montrer le chemin. À regarder la princesse se rompre sous ses prunelles, Naos ne ressentait que tristesse lui qui avait juré d’amener à cette lignée des cieux vermeils. Lui qui dans sa solitude s’était fait descendant de l’astre lunaire afin d’attirer les iris mouillés d’une gamine au sourire d’été et à la douceur mensongère. Il n’y avait que des ronces cachées entre les feuilles de la fleur désormais, rien que du malheur pour les hommes s’oubliant au feu de l’holocauste sacré de cette divine rose. Le Jagger se rendait compte à quel point il avait forgé sa moitié en la faisant tomber de son piédestal. Faisant de l’enfant une femme à la douceur animale et à la volonté sans égale. Le gamin couvert de suie avait ramassé l’enfant de charbon, abandonnant pour œuvre rien de plus que cendres et désillusions. Il l’avait créé à son image, Adam enragé souffrant son unicité au point d’imposer son malheur à une Ève égarée. Aujourd’hui, l’enfant fleur était femme, était flamme et le gamin lunaire n’était rien. L’ironie était douce pour le mêlé rompu par ces heures passées dans l’ombre de l’héritier à ne plus savoir que faire pour être autre chose que ce monstre d’égo et de rage qu’il avait tant singé.
Les doigts serrés autour de la main d’Isaure, Naos avait le cœur qui battait de travers à la voir rompue par les sanglots. Pris de court par cette innocence avec laquelle elle se répandait à même les pavés, le brun ne savait trop bien que faire pour garder sous son crâne cette image conspuée d’une sirène noyant les marins. À croire qu’il voyait l’Oshun pour la première fois, qu’il prenait enfin conscience de la pleine mesure de ses rayons et la violence de ses éclats. C’était à son tour de défaillir face à l’œuvre d’art accrochée à ses doigts. Ce bout de femme tant adulée, jalousée, détestée, qu’il ne restait plus de place pour l’être humain sous la carne, la gamine apeurée et blessée que tous avaient ignorée tant de fois. Et il se rompait l’homme épris d’une lumière vouée à l’infini quand il n’était qu’ombre attendant le trépas. Il se rompait et s’oubliait face à cet astre céleste que même les larmes ne pouvaient rendre humaine. Le Jagger sentait les mots qui ne voulaient pas sortir, cette fébrilité avec laquelle il étalait son cœur pour le pire alors que la princesse peinait à reprendre son souffle. C’était elle qui se faisait battre par le ressac virulent de son désespoir, luttant contre l’angoisse lui nouant les bronches, pourtant il était celui prêt à s’éteindre pour quelques mots de sa rose. Pas même un mot. Rien qu’un signe. Il plierait le genou pour voir les oripeaux tendus de cette relation qu’il avait jetée au feu tant d’années plus tôt, se refusant à jamais le droit de se conjuguer avec la jeune femme au présent.
Le bruit sembla desserrer quelque chose en sa cage thoracique, à croire que quelqu’un était venu avec un pied-de-biche défoncer la cavité pour laisser toute la place à cette femme qu’il détestait tant. Tellement qu’il ne sut que faire à part hocher vaguement son faciès, tendant maladroitement son bras autour de la carrure frêle de la princesse rompue par les sanglots alors qu’elle s’oubliait un instant contre son épaule. Laissant son menton reposer sur le sommet du crâne de la belle, il se rappelait douloureusement le bruissement des ruelles et le murmure du vent quand il la quittait autre fois. Il se remémorait la douceur de son étreinte et l’artifice des propos qu’il crachait en s’oubliant sous le lustre d’un costume trop grand pour le gamin aux épaules trop étroites. Serrant la jeune femme contre lui, son propre souffle était troublé par cette faiblesse qu’il affichait sans savoir que faire de tout ce vernis craquant sous la pression. « Juste une seconde, on ne voudrait pas s’habituer à la sensation. » Sa voix était fatidiquement douce, les paroles d’un condamné s’échappant de ses lippes blessées sans qu’il ne lutte plus contre le poids de ces vérités ne lui appartenant plus. Il avait l’air taquin, malgré les tremblements traversant l’oiseau blessé entre ses bras, à croire que d’une seconde à l’autre un rire étincelant lui échapperait avant qu’il ne sèche les larmes de la belle. Pourtant, ses paupières se fermant sous l’impulsion de son battant endolori, il inspira lourdement, cherchant la force de s’arracher à la princesse et la douceur de ses bras.
Contre toute attente, l’Oshun brisa à nouveau le silence. Rompant la quiétude d’un instant d’oubli, rien de plus que quelques secondes qui mèneraient le mêlé à l’insomnie, elle disait si peu et pourtant en disait déjà de trop. Dans une exhalation de surprise, pris entre le besoin de rire et celui de disparaître plus encore dans les tréfonds de sa folie, le brun ne savait que faire de l’être à la chair à vif entre ses bras. Pourquoi s’acharnait-elle à faire de sa vie le purgatoire auquel il ne doutait pas être destiné une fois la faucheuse venue le chercher ? Quels déité ou dieu perdu avaient bien pu lui donner le droit d’ainsi tourmenter cette âme que plus rien ne pourrait sauver ? Puis, surtout, pourquoi se pâmait-il si aisément d’amour face à ce visage marmoréen qu’il s’était juré de haïr pour sa froideur royale ? Pourquoi est-ce que ça faisait si mal quand il affirmait tant être indifférent ? Pris dans ses ambivalences, prisonnier souffrant ces vagues à l’âme lui rappelant ses errances, le Jagger se mordait l’intérieur de la joue pour ne pas déverser ce trop-plein lui emplissant le poitrail. Tous ces mots coincés en sa carne flétrissaient à l’abri des rayons du soleil, des mots dont le pourpre avait tourné à l’orage, l’ébène en ses veines le menant au naufrage. « Tu ne devrais pas me remercier. » La réprimande était d’une sereine amertume. Le faiseur de rêves se rappelant lui-même des embruns menés aux paupières par la violence de ses mains. Sauf qu’il en pouvait plus de mener l’orage aux yeux de la belle, pas quand il était pendu à ses lèvres, tremblant au moindre de ses souffles. Attendant la mort et son absolution quand elle finirait par exhaler avec horreur et dégoût le fruit de ses passions, il ne savait plus que faire de sa propre personne. Desserrant avec précaution l’étreinte de ses bras, incapable de défaire sa carne de cet amas mêlé de chair, il redoutait l’instant où la belle viendrait à en maudire la pierre coincée sous la chair tiède, ce cœur amer le pesant comme un roc alors qu’il cherchait à vivre pour la première fois depuis longtemps. Avec une douceur lui étant peu familière, lui qui avait été forgé par la vie même, les mains calleuses redoutant d’ébrécher la peau diaphane de la princesse, Naos frôla de ses doigts le visage de la princesse afin de l’inviter à le regarder. Incapable de ne pas s’immoler à son contact, conscient qu’il n’était pas un homme assez sage que pour lui résister, il se contentait de l’observer intensément, la belle à portée de ses doigts et pourtant hors d’atteinte de son coeur. « Tu te sens mieux ? » Les yeux dans les yeux, le feu dans les cieux d’une nation grondant encore en dehors pour une hécatombe ne venant pas, le mêlé semblait n’avoir jamais été aussi sincère, aussi inquiet. De l’appréhension débordant de ses iris si sombres qu’elles n’avaient pas de fin, ses doigts touchaient à peine la joue d’Isaure comme s’il avait peur de la froisser. Peur de la briser comme de la porcelaine la petite poupée, lui qui avait pourtant fait de son mieux pour la rompre entre ses doigts. Perdu dans l’immensité de ses prunelles chocolat, il en oubliait qu’en retour elle pouvait contempler ses traits défaits, ses prunelles dégoulinant de sincérité alors que son sourire émacié était une plaie à vif qu’il lui offrait de toucher.
love.disaster
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
administrator
avatar
administrator
‹ MESSAGES : 493
‹ AVATAR : LILY JAMES, LA DEESSE.
‹ CRÉDITS : AV/@PERSEPHONE.
‹ COMPTES : YO, RK.

‹ AGE : âgée de vingt-huit ans, princesse de rien, de tout, adulte, enfant, elle a le coeur d'une adolescente, le physique d'une femme, l'impulsivité d'une enfant.
‹ STATUT : fiancée à un griffith, un boulet à son pied, pourtant ingénieuse alliance. si tout semblait s'être abattu contre elle, adonis ne semble pas si mauvais parti.
‹ SANG : sang bleu, princesse, royauté exécrée, elle est le fruit d'une famille qui ne connaît que sang et pouvoir.
‹ COMPETENCES : leadership (lv1), commérage (lv1), évaluation (lv1)
‹ METIER : princesse de pacotille, inutile petit bijoux appartenant à la famille royale, son seul métier est de courber l'échine et de sourire face au sang argent.
‹ ALLEGEANCE : elle-même, réitérant le même motto depuis trois ans, elle contre le monde entier, elle seule contre la terre entière.
‹ ADIUTOR : weiss, l'ange sauveur, la seule et unique personne, acompagné de son frère, en qui isaure a pleinement confiance.
‹ POINTS : 825

Carnet de bord
Inventaire:
Relations:

MessageSujet: Re: my hands are still searching for ways to say sorry (naosaure) Mar 29 Aoû - 23:18


you can love someone
for a long time
without knowing how.


Isaure était une biche aux yeux égarées et finalement peut-être qu’elle l’avait toujours été. Elle avait pensé jeter cet alter-ego loin, si loin qu’elle le croyait enterré, disparu, effacé, détruit. La honte, voilà ce que lui invoquait l’ancienne Isaure, cette enfant qui n’avait jamais su faire la différence entre le bien ou le mal. Elle avait honte d’avoir été cette personne, elle s’oubliait parfois dans ces souvenirs qui ne lui rappelaient que de douloureux nœuds à la poitrine. Cette gamine amoureuse de la vie, du monde, prête à se battre contre les injustices, contre la vie toute entière si cela signifiait répandre le bien autour d’elle. Peut-être qu’elle l’enviait, cet ancien mirage qu’elle avait autrefois été, cette femme qui semblait faible, mais qui pourtant de par ses idées, avait été bien plus forte que la chose qu’elle était devenue dans ce présent. Elle se souvenait de ces soirées à observer son plafond, à analyser toutes les erreurs qu’elle avait commise à cause de son innocence ; Quand elle avait entendu des je t’aime de la bouche de l’être aimé, alors qu’il lui murmurait des je te hais. Quand elle avait cru entendre, viens on part que tous les deux, alors qu’il avait voulu lui dire, je vais te vendre à ta propre mère et te faire regretter ta vie toute entière. Des bêtises, des conneries qu’elle souhaitait oublier, mais qui lui revenait. « Juste une seconde, on ne voudrait pas s’habituer à la sensation. » Et cette fois-ci que voulait-il dire par là ? Qu’est-ce qu’il faisait alors qu’elle reposait sa tête contre son épaule, et qu’il l’enlaçait, la serrait. Ils étaient des ennemis, des ennemis mortels, et pourtant c’était là, dans la cage de ses bras qu’elle sentait son cœur reprendre un rythme serein, que ses mains ne tremblaient plus, que ses larmes s’arrêtaient enfin. Naos. Un mirage lui aussi, qui lui invoquait des cauchemars, un cœur brisé en morceaux, des morceaux qu’elle avait longtemps dû chercher et recoller entre eux. Un cauchemar qu’elle s’était imaginée détruire, former une brèche là où il avait laissé la sienne. Une marque indélébile qui s’imprègnerait de lui à tout jamais. Le tuer, à ça aussi elle avait pensé, alors que ses mains innocentes, n’avaient encore jamais été imbibé de sang. D’une voix fébrile elle réussit à chuchoter ce mot merci. Et que voulait-elle dire par là ? Un remerciement sincère, une trêve de quelques secondes, un instant de paix, une réminiscence de ce qu’ils avaient été dans le passé. Parce qu’ils avaient passé beaucoup de temps dans le silence, alors qu’il fermait les yeux et qu’elle l’avait observé curieusement. Comment cet homme pouvait-il l’aimer, s’était-elle demandée ? Et finalement, la réponse elle ne l’avait jamais eu, car Naos, ne l’avait jamais aimé, pas même apprécié. Il s’était joué d’elle, de la biche égarée, de l’enfant, de la gamine. Il l’avait faite affronter ses pires cauchemars, ses plus grandes peurs, elle lui avait fait affronter des aléas de la vie qu’elle ne souhaitait à personne. La trahison, la solitude, la rancune, la colère, la rage, la haine, la tristesse, puis, au bout de ce terrible tunnel il y avait eu une once de lumière ; l’espoir. L’espoir de reprendre, ou plutôt d’arracher à ses malfaiteurs tout ce qu’il lui avait volé. Sa jeunesse. Parce que Naos était un voleur, le pire de tous, un bandit qui lui avait dérobé ce dont elle aurait dû profiter ; son premier amour, son premier baiser, son adolescence, ses rires et ses cris.

« Tu ne devrais pas me remercier. » Non, elle n’avait pas de raison de le remercier. Et pourtant elle le faisait quand même. Parce que finalement, même si Naos était son cauchemar, même si Naos était sa faiblesse, et le voleur de tant de choses, elle ne pouvait pas ne pas le remercier. Parce qu’il était là, toujours là alors qu’elle avait ressenti cette frayeur du passé. Qui de mieux pour la réconforter que l’homme qui l’y avait initié ? Elle se sentait enfin calme, vidée, l’explosion avait eu lieu, le néant l’approchait. Alors qu’elle se rendait enfin compte de la proximité de leurs corps, de ces centimètres qui les séparaient, elle comprit, elle comprit son erreur ce soir. Elle avait laissé l’enfant, la gamine parler, elle avait montré cette vulnérabilité tant détestée, cette naïveté épuisée. Il l’avait vu, il l’avait vu ce soir plus nu que jamais. Et pourtant il desserra la pression autour de son corps, alors que les parcelles de sa peau se languissaient de son toucher, elles lui criaient de ne pas partir, de ne pas s’éloigner. La bouche resta pourtant scellée, car le corps parlait, mais les esprits revenaient. En colère, elle était si en colère, contre elle-même, contre le monde, contre Naos, contre sa présence, contre sa gentillesse ; et cette sincérité. Elle aurait pu cracher sur cette honnêteté, sur ces yeux francs, sur ses doigts contre sa peau. Vomir les émotions qui lui traversaient les veines, alors que le rouge à ses joues s’atténuait enfin. Elle était ridicule ; un ancien tableau qu’elle ne connaissait que trop bien. « Tu te sens mieux ? » Oui. Non. Peut-être. Isaure était sûre de rien et de tout. Et puis, il déposa sa main contre sa joue, et elle s’électrisa, immobile telle une statut de marbre, elle posa ses iris dans les siennes et y vit le monde, elle y vit les étoiles, la souffrance, l’appréhension, et la sincérité ; cette satané sincérité. Elle serra les poings et sentit son cœur s’emballer. Boum, boum, boum. Et pourtant, comme un aimant, sa tête se pencha, elle s’avançait vers un point incertain. La bouche de l’autre. Du sale gosse. Alors que la gamine voyait les yeux, le visage du garçon plus clairement, elle ressentit ces quelques petits centimètres les séparant. Puis, le choc arriva enfin. Se reculant brusquement, se détachant complètement de son étreinte et s’asseyant à un mètre de lui et de sa carcasse, elle porta ses mains à ses joues, à ses cheveux, à son collier, aux lacets de son corset défait. « Hm. Nous ne devrions pas rester ici, quelqu’un va finir par nous voir et se faire une très mauvaise idée de cette scène. » Elle se leva, elle était bien trop énergique, bien trop évidente dans ses émotions. « Je vais mieux merci. » Ce dont elle rêvait, c’était un bain chaud, un lit qui l’attendait, la protègerait jusqu’à la fin de ses jours, une échappatoire. Et elle ne connaissait meilleure échappatoire que ce qui l’attendait dans sa table de nuit. « Tu sais ce dont j’ai besoin ? Du vin. De l’alcool. » Elle marqua une pause. « Je peux t’offrir un verre ? » En toute platonicité, bien entendu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
gagnant animation
avatar
gagnant animation
‹ MESSAGES : 311
‹ AVATAR : bob morley
‹ CRÉDITS : ΛLDEBΛRΛN(ava&montage); astra(sign) + catharinaloss. & nightlock.(gifs)

‹ AGE : 28 goûtes d'amertume amèrement avalée font de lui un adulte à l'aigreur difficilement digéré.
‹ STATUT : destiné à personne d'autres que lui-même, prisonnier du contrôle des autres, les coeurs pas pris ne veut se faire prendre. fuyant les chaines comme le feu de ces passions, il s'accroche au froid dans ses veines.
‹ SANG : sang mêlé, jugé et condamné sur ce carmin dont il n'a aucun contrôle, il a toujours souffert la misère liée à ses origines.
‹ COMPETENCES : attaquant (niv. 1), fraternité (niv. 1), déloyauté (niv. 1)
‹ METIER : ombres du roi en devenir, il se forcé de longer les murs en sa présence
‹ ALLEGEANCE : sa famille de coeur et ses propres intérêts, ses craintes et sa rage l'ont poussé à se lier à la ligue et l'armée de pollux
‹ ADIUTOR : protecteur d'une idée plus qu'un homme, il défend le bien-être d'in roi en devenir
‹ POINTS : 1584

Carnet de bord
Inventaire:
Relations:

MessageSujet: Re: my hands are still searching for ways to say sorry (naosaure) Mer 30 Aoû - 1:17



 

 
YOU CAN LOVE SOMEONE FOR A LONG TIME
WITHOUT KNOWING HOW.


 
People aren’t suns or stars or skies. They can’t be. Bodies weren’t meant to hold the fire and the sea. But sometimes, sometimes I let myself think that maybe we used to be. And when I look at you,
IT'S EASY TO BELIEVE.


  Le petit soldat avait rendu les armes sans un bruit. Fort de l’embellie, il s’était débarrassé de l’écarlate empourprant sa chair au point qu’il ne sache plus se défaire de ses tourments. Le soldat avait tombé les armes, abandonné le combat et voilà que sous la sueur et la suie ses prunelles troublées n’offraient aucune accalmie pour la fleur à son fusil. Il avait le cœur en miettes de ne savoir à quel idéal suranné se raccrocher. Il avait les espoirs en lambeaux d’ainsi sentir gronder sous sa peau la honte de ne pouvoir résister à la fleur fanée que le monde lui refusait. Naos savait déjà à quel point il avait pu faire du mal à l’Oshun. Il se souvenait de ses mains creusant les digues du cœur de la blonde, s’assurant que l’eau ne viendrait jamais fleurir les chrysanthèmes peuplant la tombe de sa jeunesse. Le Jagger était l’artisan du malheur de sa douce moitié. Architecte éperdu du chaos qu’il créait à outrance, il avait brisé la colonne vertébrale de sa plus belle œuvre pour pouvoir lui insuffler le mal de ses errances. La vie l’avait marquée, son œuvre, s’insinuant au plus profond de sa chair, abandonnant des stries sous ses paupières alors que ses prunelles portaient le poids de ces années d’exil. Celles-ci mêmes qu’aucun mot n’arriverait à traduire sans travestir l’enfer en un éden factice. Il avait les entrailles qui se nouaient à contempler la belle de trop près, à sentir sa poitrine se soulever au rythme oisif d’un cœur luttant pour se remettre à battre correctement. Il avait la gorge nouée de ne savoir quels mots arracher au néant en sa chair pour faire du silence autre chose que l’étincelle servant à bouter le brasier les tourmentant. Si Isaure était feu, Naos n’était rien de plus que la forêt. Soumis aux élans de la belle, il se pâmait sous ses yeux dès qu’elle embrasait ses racines sans l’aide du moindre son.
De ce cœur trop infime que pour ressentir tant de choses, le brun se défaisait de la proximité de la princesse de crainte de souffrir l’overdose. Il avait le palpitant qui battait irrégulièrement, le souffle soudainement court d’avoir trop chassé les ruines d’un amour n’ayant jamais existé. Le regard trop plein que pour prétendre défendre le fond de sa pensée, Naos se souvenait des paroles de sa mère. Celle-ci même le châtiant de toujours porter son cœur à même ses paupières. Sauf qu’il n’y pouvait rien le gamin s’il avait la marée dans le regard et ses tourments qui dégoulinaient de la voute de ses songes. Il sentait le trou noir dans son torse déverser le fond de ses déboires alors que ses mains tenaient à distance la source de l’agitation en son buste. Retenant la belle autant qu’il la repoussait, le mêlé contemplait la chute avec l’avidité d’un noyé convoitant la surface. Si l’air venait à lui manquer, le brun était prêt à lui offrir son dernier souffle. Si le monde réclamait de la voir saigner, il s’en écorcherait les poignets au point de n’avoir plus une goutte de carmin à offrir. Exsangue et étouffant, peut-être que ses mots sonneraient plus juste. Peut-être que sa blessure ressemblerait à la meurtrissure qu’il lui avait abandonnée en dedans du buste, ses doigts lacérant la cavité pour qu’à jamais l’organe agité ne se rompe pour quiconque. Il avait fait la plaie à son image, marquant la chair de ce message adressé à l’univers : ceci est ma ruine. Et de ruiné ne restait que lui, la belle s’étant élevé au-dessus des gravats quand il n’avait eu de cesse de ramper plus bas. Il avait le myocarde qui lui sortait par les yeux de ne savoir comment prononcer ces mots capables d’aliéner le trop, d’enflammer les cieux. Il avait ses émotions étalées sur ses prunelles alors qu’il s’inquiétait pour la princesse au souffle court et pourtant à la superbe toujours si effrontément affichée. Peut-être pensait-elle n’être que vulnérabilité devant le Jagger, pourtant ce dernier ne voyait que la fleur ayant résisté aux flammes. La femme souffrant l’ouragan qui en avait fait son manteau de pluie. Au point que quand elle pleurait, c’était le monde qui se déversait du ciel, incapable de retenir les embruns en ses nuages face à la tristesse de l’eau dégoulinant le long du visage de la belle.
Le silence d’Isaure était presque aussi troublant que sa présence, Naos s’inquiétant de ne pas la voir ne serait qu’acquiescer alors que son souffle semblait s’être calmé. L’inquiétude éclaboussait ses traits, le mêlé en oubliant dans sa prévenance au contact de quel feu il s’immolait. Ses doigts s’étaient arrêtés sur sa joue, le contact évanescent le bouleversant en dedans alors qu’il exhortait silencieusement un signe de la belle. Pris par le néant entre leurs bustes, ce trou noir rongeant tout en sa présence, il sentait la distance entre eux s’évaporer. Il sentait le souffle de l’Oshun se rompre sur les récifs acérés de son visage alors que ses prunelles se noyaient dans les iris étrangement sombres de la jeune femme. Il en avait le cœur qui se fanait d’avoir trop battu alors que son souffle s’évaporait au contact de cette chimère qu’il n’osait pas même imaginer. La possibilité de leurs lèvres se rencontrant à nouveau n’avait jamais été aussi tangible. Pas même un passé conjugué au présent que le brun conservait au conditionnel du rachat de ses fautes. Le faciès livide, le regard saignant de n’avoir le cœur de supporter ce cadeau-là, il s’abandonnait pleinement à la chute, il en oubliait la lutte. Ne lui resterait plus qu’à gouter le carmin s’échappant de ses lippes quand avalant le bitume il souffrirait l’abandon de ses ailes brisées.
Au lieu de quoi, animal apeuré, la princesse prit la fuite. Elle l’avait laissé froid. Il avait les éclats de son cœur qui lui échappaient par les yeux, la blancheur de son visage qui soulignait la honte qu’il n’arrivait pas encore à assumer. Se châtiant de rêver aussi futilement posséder l’indomptable, il se détourna de l’agitation sans pareille dans laquelle Isaure se perdait afin de ne pas affronter la réalité de leurs peut-être avorté. Heurté par ses mots, Naos reposa ses prunelles sur la belle qui d’un bond s’était déjà levée. Quelle mauvaise idée y avait-il à se faire ? Tous reconnaîtraient le fils de personne s’immolant au contact du soleil, la belle ne lui abandonnant même pas une seconde caresse du bout de ses prunelles. La rage sembla se refermer sur l’organe violenté en son poitrail, le Jagger ouvrant la bouche pour déverser le fiel lui nouant les entrailles dans la plus pure mesquinerie qui soit. Pourtant, avant même que l’acide ne lui ronge ses lippes ouvertes, l’Oshun se mit à nouveau à parler. Repliant ses jambes contre lui, il laissa sa tête reposer contre le mur alors que ses palabres enflammées n’étaient plus que cendre au bout de sa langue. Le mal était fait, mais dans le fond il le méritait. S’offrant à peine un instant, le mêlé se leva avec plus de langueur que son reflet, fourrant ses mains dans ses poches dans un signe de nonchalance piteux face à l’agitation éraillée d’Isaure. « Si tu vas mieux, mon office est fait dans ce cas. » Ne lui restait plus aucune excuse le poussant à s’attarder, aucune justification derrière laquelle se cacher pour profiter plus longuement de sa compagnie. Ne lui restait plus que les murs décatis de sa chambre, ses insomnies et la froideur de cette demeure n’étant jamais rien plus qu’une prison.
Les yeux posés sur la pointe de ses chaussures, le dos légèrement vouté vers l’avant, il ressemblait tant à l’enfant de Jhiu N'guri. Ce gamin paumé espérant qu’en faisant tomber une fille de son piédestal il arriverait à rendre son équilibre à l’univers. L’univers avant tant perdu son sens qu’il ne releva même pas les paroles de la princesse, ne doutant pas qu’elle puisse retourner le couteau dans la plaie de l’avoir vu si près de s’oublier à son contact. Parce qu’il s’était oublié durant un instant. Oubliant qui de lui et d’elle faisait partie de quel camp. Il s’était perdu dans ses prunelles et il savait qu’il n’y avait pas d’échappatoire face à cette errance-là. Pris de cours par ses propos, il planta ses iris troubles dans celles de la belle cherchant au fond de son regard les flammes de ses jeux ne tourmentant que lui. Raclant sa gorge, chassant tant bien que mal cette vulnérabilité qui le submergeait par vagues à l’âme, il s’humecta les lèvres avant de répondre : « Est-ce une bonne idée, princesse ? » Le surnom retentissait avec une douceur dont il était exempt jusque-là. Une tendresse que le brun ne devait pas calculer pleinement, pas consciemment en tout cas. Dans son regard, il portait la peur. Il portait le doute. Il portait cette crainte lui rongeant les entrailles de perdre la tête pour une femme fatale se contentant d’achever le travail. « Si tu veux de moi, d’accord. » La palabre était solennelle, tellement plus lourde que ce que le Jagger ne pouvait porter. Si elle voulait de lui, il la suivrait sans broncher, se faisant à jamais son ombre pour ne serait-ce que la frôler. « J’imagine que ta chambre est mieux fournie en boisson que n’est la mienne. » Cette fois, il n’avait pas peur qu’elle soit incapable de reprendre son souffle, affichant sa bravade alors que son cœur haletait. Cette fois, il craignait d’être celui en nage, de perdre la tête pour de bon pour la belle et surtout d’en redemander.
love.disaster
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

my hands are still searching for ways to say sorry (naosaure)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Hi-way ou two-way
» Coup de Main (Helping Hand)
» VOS CRAQUAGES DE JANVIER 2013
» Ooohhh les mains!!! (Tiny Hands)
» ALESKA ✤ the world is in our hands

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PINNED UNDER THE WEIGHT :: LAUNONDIE :: palais des flammes-