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bring me out -- naos/weiss

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green
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‹ SANG : mêlé au sang usé, trahi et exploité.
‹ METIER : adiutor, garde du corps et protectrice d'isaure oshun qui lui vole son temps et sa patience, espion de la ligue à la cour et enfant invaincue des arènes.
‹ ALLEGEANCE : à elle-même, à la princesse puis aux mêlés. l'ordre peut varier selon les circonstances.
‹ ADIUTOR : la grande ô princesse exilée qu'est isaure oshun.
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MessageSujet: bring me out -- naos/weiss Lun 26 Juin - 20:07


There's gotta be another way out. I've been stuck in a cage with my doubt. I've tried forever getting out on my own. But every time I do this my way, I get caught in the lies of the enemy. I lay my troubles down, I'm ready for you now. (--)


Les ruines étaient si hideuses  que Weiss les effaçait de sa mémoire à chaque fois qu’elle sortait du Quartier Général et se surprenait à chaque nouvelle visite de leur laideur. Et pourtant c’était ici, au cœur d’un château détruit, que se cachait la Ligue. Chanceuse de ne pas avoir à fréquenter ce lieu infâme tous les jours, elle restait tout de même révoltée par cet endroit froid et isolé à chacun de ses passages. Ce jour-là, elle s’était échappée de la surveillance de la princesse pour se dissimuler à Azi Freinu, là où même les maîtres les plus hardis n’osaient s’aventurer. Le chemin avait été si long et pénible que sa présence au château cassé se devait d’être considéré fructueuse pour tous. Weiss n’avait pas marché pendant des heures juste pour être accueillie par des ruines moches au milieu des montagnes. Elle devait en plus passer la sécurité des Oranges, une couleur qu’elle n’appréciait pas du tout, et ensuite se diriger vers une salle privée. Clic, clac. La pierre résonnait sur ses talons, relâchant un écho oppressant—elle qui essayait de se faire discrète. En tant qu’espion, elle se devait  un anonymat et une transparence digne d’un fantôme. Même si elle pouvait se permettre de faire savoir son appartenance aux mêlés et lambdas, il était impérative pour elle de garder son rôle au sein de celle-ci pour elle-même. A l’intérieur de la salle, elle trouva d’autres espions qui attendaient le début de la réunion. Tous venus d’ailleurs ou de près, elle prit une chaise en soupirant. Ça n’avait même pas commencé que ça l’ennuyait déjà. Elle avait rejoint la Ligue pour aider, à sa manière tordue, à améliorer les droits des Mêlés. Elle pensait à cette organisation comme à un outil pour aider Isaure à mettre une couronne sur sa tête—car sûrement, la princesse était incapable de s’habiller par elle-même. Elle ne se sentait ni redevable, ni impliquée dans les affaires internes ; et prendre part à ce genre de réunion menaçait de bousiller sa couverture auprès des mêlés du palais. Les minutes s’écoulèrent rapidement mais Weiss sentit l’éternité passer sous ses yeux. Elle fut la première à s’enfuir de cette ennuyeuse salle et à s’arborer dans les couloirs ternes jusqu’à la sortie.

L’adiutor au visage blasé ne manqua pas de jeter une paire d’yeux à certains lambdas effrayés par sa présence avant de reprendre sa marche. Tandis que d’autres mêlés voyaient sa présence comme une menace, rumeur était que Weiss était plus loyale envers les Oshun que sa propre race. Alors que cette dernière s’était attelée à la dure besogne qu’était d’éradiquer cette famille, à quelques exceptions près. Commençant par Cal ; l’aîné, le jumeau de son maître, le second sur la liste, l’infâme héritier. Puis son adiutor Naos qu’elle avait déjà essayé de tuer mais la tâche s’était retrouvée plus ardu que prévu. L’homme avait qui elle partageait une rivalité amicale à Koldoveretz et qu’elle pensait naïvement être un allié dans cette lutte contre les nobles a retourné sa veste contre toute attente, l’envoyant croupir au fond d’un donjon pendant huit longues années. Sa rage envers Naos était beaucoup plus forte que les autres, et dans ces moments d’impulsivité elle l’avait provoqué plusieurs fois avec l’intention de le tuer. Si elle avait calmé ses ardeurs, toutes ses émotions n’auront pas joué contre elle dans ses combats et peut-être qu’elle aurait pu le comprendre. Pourquoi charmer Isaure et ensuite la trahir, écouter Cal mais rejoindre Pollux ? Aucun de ses choix ne faisaient sens ; le cerveau de la Verte surchauffait rien qu’à émettre des hypothèses.

Weiss atteint la sortie lorsqu’elle l’entendit arriver. Au pas de la porte, elle serra les poings rien qu’à l’idée de se retrouver face à lui. C’était toujours aux moments où elle pensait à lui que Naos se montrait. « Tu dois avoir une sacré paire de couilles pour te pointer devant moi. » Elle posa les yeux sur plusieurs hommes autour de lui qu’elle reconnut partisans des idées de Pollux et esquissa un sourire carnassier, proche de la provocation. « Est-ce que c’est parce que t’as pas pu en faire profiter à Isaure que tu lèches celle de Pollux ? » L’un d’entre eux émit des râlements qu’elle n’écouta pas et la pointa du doigt en criant encore plus fort. Weiss saisit son doigt moite et brisa le reste de son poignet. « Pouah, c’est avec ça que vous comptez massacrer des centaines de maîtres ? Si même ce genre de paysans peut le faire...on se demande quel est l’intérêt de la Ligue, hein ? » Elle relâcha le bras de sa victime puis s’étira des doigts, libérant un craquement désagréable à chaque mouvement. Celui-ci tomba à terre et s’enfuit avec ses confrères, laissant les deux adiutors face à face.
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‹ SANG : sang mêlé, jugé et condamné sur ce carmin dont il n'a aucun contrôle, il a toujours souffert la misère liée à ses origines.
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MessageSujet: Re: bring me out -- naos/weiss Mar 27 Juin - 21:31

But I have been familiar with ruins too long to dislike desolation.
Naos se gorgeait de l’effort qu’il lui fallait fournir pour atteindre Azi Freinu. Les longues heures passées à s’éloigner de la capitale et du grabuge incessant prenant place en son sein, lui semblaient une pause bien méritée moins de la folie de la ville.  Il se perdait dans la contemplation des ruines du château dévasté alors que le trajet sinueux le menait aux portes d’un entre-deux délictueux. Loin du palais, des yeux en permanence posés en sa direction, jamais pleinement arrêtés sur lui, il pouvait respirer autrement. Il pouvait laisser lui échapper la flopée de jurons entassés au fond de sa trachée à force de se blesser sur leur tranchant, les gardant à l’intérieur pour que rien ne vienne troubler la surface lisse qu’il offrait au monde. Ce masque placide qu’il affichait à tout instant avec le brio d’un homme sans visage, d’un être défait de son unicité. L’adiutor n’était rien de plus que ce que les autres souhaitaient qu’ils soient, chacun projetant les fruits de son désir à même la carrure musculeuse du brun. Une fois passé la frontière des quartiers de la ligue, le Jagger semblait plus dur, plus froid. À croire qu’à force de jouer un rôle, celui-ci avait fini par perdre de cette chaleur réchauffant précédemment ses traits. Le sourire défait, les prunelles sombres, il avançait le pas lourd de l’homme s’en allant en guerre. Pollux l’avait fait appeler, le jeune homme forcé de se faufiler hors de l’enceinte du palais dès qu’il lui avait été offert la possibilité de se reposer. Le cœur dans la trachée, les os vibrant au rythme effréné de tambour de guerres que peu entendaient, il sentait ses poings frémir à l’idée de cet avenir qu’ils peignaient à l’encre de leurs rêves surannés. Des rêves au carmin rappelant sans conteste l’hémoglobine qu’ils souhaitaient tant faire couler. Pollux était le seul, aux yeux de Naos, à comprendre que la guerre était déjà à leurs portes, que celle-ci ne s’était jamais véritablement achevée. Pas pour eux en tout cas, tous ces rejetés que la société peinait à accepter autrement que sous ses propres conditions. Au feu des mêmes rages, ils se consumaient tous autant les uns que les autres, ces rares personnes présentes pour ce rassemblement sans nom. Les mots fusaient dans l’air, le tonnerre grondait en leurs bouches. La révolte se soulevait en silence, attendant son heure, comme Naos semblait l’avoir attendu toute sa vie.
Comme à l’accoutumée, le Jagger se retrouva pris au milieu d’un débat échangé à voix basse. D’un pas certain, le dos droit et le regard planté devant lui ou sur ses interlocuteurs, il échangeait le fond de sa pensée avec ces derniers. Bien qu’ils se trouvaient au cœur de la ligue, ils avaient tous conscience de l’avis contraire de la population présente en majorité au sein du quartier général. Ils savaient qu’il était tout à leur bénéfice de faire attention à leurs propos, s’assurer que personne ne les observait et suivre leur routine. Tous n’avaient pas à cœur de faire avancer les choses, certains membres de la Ligue trop pris par les quelques victoires qu’ils avaient obtenues pour faire autre chose que rester assis sur leurs propres mains. Ce dont Naos avait horreur, comme les autres individus suivants Pollux. Incapable de rester en place, bête ne demandant qu’à dilacérer l’étoffe de l’univers et son propre buste par la même occasion, il n’en pouvait plus d’attendre. Plus de feindre être quelque chose à chaque instant. Essuyer les répliques acerbes, ignorer le regard désintéressé de Cal et devoir courber l’échine jour après jour. C’était pourquoi il croyait Pollux, la raison pour laquelle il se jetait tête la première pour quelques mots et un peu de poudre aux yeux.
Ses yeux se posèrent sur Weiss, le ramenant des années en arrière sans qu’il ne puisse lutter. Bien qu’il continuât à marcher en direction de l’adiutor, il se retrouvait pourtant à l’époque de l’Académie. Il se rappelait sans mal les échanges faussement effrontés, la bravade affichée avec défiance alors que les deux mêlés se tiraient vers l’avant. Il observait Weiss et la seule chose que le Jagger voyait était la silhouette opalescente du fantôme d’une autre vie. Il n’avait rien à craindre d’un fantôme ? Ni ses poings durcis par la rancœur brûlant en son cœur ? Ni ses mots trempés dans le fiel s’écoulant de sa bouche en rongeant tout sur son passage ? Un sourire mauvais aux lèvres, Naos se tourna vers les autres personnes présentent : « Je ne suis pas certain qu’elle sache comment une insulte fonctionne. » Se retournant vers Weiss, il la vit jauger les autres hommes présents, ne s’étonnant guère du mal logé au plus profond de ses prunelles. La jeune femme avait soif de sang et le Jagger savait que rien ne pourrait adoucir sa famine si ce n’était le sien. Malgré lui, Naos se tendit sensiblement, fronçant les sourcils alors que son ancienne amie citait la princesse. Les mots restèrent coincés en sa bouche alors qu’un malheureux idiot se mit en tête de s’interposer entre la Rene et sa proie. Roulant des yeux, le mêlé s’avança instantanément pour s’interposer entre Weiss et sa victime, mais déjà elle avait fini avec l’homme qui courait dans l’espoir de sauver les fragments lui restant de sa dignité. « Je suis pas sûr que ça soit en blessant d’autres membres de la Ligue que les membres de celle-ci vont arrêter de penser que tu te tapes ta maitresse. » Haussant les épaules, il affichait ce faux air innocent lui donnant un air de profond salaud. Un sourire aux lèvres, ne prétendant même pas chercher à retrouver la chaleur ayant précédemment existée entre eux, il ajouta : « Si tu te crois meilleure que les paysans présents, c’est que tu as mal compris le but de la Ligue. Faut croire qu’à force de te prélasser dans les draps de la princesse t’en as un peu oublié le sens de la réalité, non ? » Lui aussi avait presque failli le perdre, à l’époque. C’était si aisé de vouloir s’oublier au détour d’un sourire si éclatant qu’il n’aurait su dire qui du soleil ou de l’enfant l’éblouissait. Sauf que Naos n’était pas Weiss. Naos croyait en des idéaux trop grands pour ses épaules, s’accrochant à ses valeurs dans l’espoir de pouvoir s’en servir comme bouée de sauvetage quand vient la crue autour de son cœur. Il refusait de ployer, menaçant de se rompre contrairement au roseau. Il s’enfonçait dans ses travers plutôt que d’admettre ses torts et ce n’était pas Weiss qui allait changer ça. « Je dois retourner au palais, donc si on pouvait passer outre les insultes et s’épargner la perte de salive, je t’en serais reconnaissant. Si tu veux, je peux même te laisser envoyer le premier coup, ça ne pourra pas te faire de mal de mal au niveau de l’égo. » C’était contre-intuitif pour le Jagger d’ainsi provoquer son ancienne amie, il savait pourtant ne pouvoir se permettre d’autres propos. Il connaissait son rôle, connaissait la fin de la pièce et dans cette histoire il ne pouvait exister que sous les traits du méchant.
(c) AMIANTE


Dernière édition par Naos Jagger le Jeu 6 Juil - 21:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: bring me out -- naos/weiss Dim 2 Juil - 4:24

Quelle hardiesse faisait-il preuve. Audace ou stupidité, elle ne savait poser mot dessus. D’abord bloquait-il son chemin malgré les menaces de la mêlée puis il osait insulter son intelligence. Weiss pouvait encaisser beaucoup ; les coups (hauts et bas), l’humiliation, la stupidité et même l’abus de pouvoir. Et dans de rares moments, elle pouvait retenir la bouilloire qui lui servait de sang face aux injustices. Mais les offenses envers son intelligence envoyaient ses ennemis directement en Enfer.
L’insolence était impardonnable.
Qui es-tu toi, misérable enfant, pour oser indigner l’entité de sa raison ? Toi, qui a comme seule fierté la possibilité de léviter des objets par esprit, tel le retardé mental que tu es. Qu’est-ce que tu peux comprendre de la complexité de la sagacité humaine ?
« Je suis pas sûr que ça soit en blessant d’autres membres de la Ligue que les membres de celle-ci vont arrêter de penser que tu te tapes ta maitresse. » Il la prenait de haut, avec cette condescendance et ces suppositions que Weiss haïssait. Peut-être que Naos était trop stupide pour comprendre, peut-être que sa seule ambition dans la vie était de mourir en martyr pour la guerre d’un autre et que sa naïveté refusait l’évidence. Weiss l’avait appris bien assez tôt. Les maîtres dirigeaient le monde ; se rebeller contre eux n’engendrait que de la mort. Une mauvaise mort, vaine  et factice. Mais son cerveau bien trop avancé pour lui ne pouvait expliquer à l’innocent petit Jagger la cynique réalité de ce monde. Elle mit cette remarque sur le compte de l’ignorance, préférant abandonner l’idée de lui retaper le portrait dans un endroit comme celui-ci, près de ces dits alliés. Elle contint plusieurs pouffements en détournant le regard, la prunelle de ses yeux trop rare pour admirer une telle immondice. « Si tu te crois meilleure que les paysans présents, c’est que tu as mal compris le but de la Ligue. Faut croire qu’à force de te prélasser dans les draps de la princesse t’en as un peu oublié le sens de la réalité, non ? » Weiss retint un gloussement puis esquissa un sourire bien trop espiègle et dédaigneux pour lui.  Il avait dû y penser plusieurs fois—ce regret d’avoir un nom associé à celui d’un prince indigne. Elle le défia du regard, ébahie et provoquée par son culot. « Déçu de ne pas y être passé, Naos ? » dit-elle la voix taquine. Elle fit quelques pas, se rapprochant doucement de lui, pas félins et sensuels qui comblaient cette froide distance entre eux. Malgré ses centimètres en plus, elle n’hésita pas à lever la tête, prête à s’en tordre le cou, juste pour rencontrer ses yeux—de vilaines noisettes qui voyaient de mauvaises choses, elle se surprenait parfois à vouloir le sauver de lui-même. « Est-ce que tu aimerais que je te décrive le lit de la princesse ? A quoi elle ressemble la nuit dans sa nuisette ou lorsqu’elle sort de son bain ? Est-ce que tu m’envies à ce point pour être l’adiutor d’Isaure ou bien tu te complais dans la lâcheté de ton maître ? » Elle le jaugea de haut en bas, son humeur joueuse remplacée par un mépris total. « Quoique non, tu dois bien t’entendre avec lui. Vous avez au moins ça en commun. » Elle recula après avoir décidé que son immonde odeur, celle de la déception et de la médiocrité, lui agressait les narines.
Parfois elle oubliait que cet homme avait été son ami, son rival, son ennemi. Weiss pouvait gérer la compétition et la jalousie mais elle ne pouvait tolérer la manipulation. Et le fait qu’un homme qui était autrefois son égal puisse la tromper et jouer avec les sentiments et la confiance de son maître la mettait hors d’elle. Surtout lorsqu’elle était celle qui paya le cher prix des pots cassés. Mais il n’avait rien d’elle maintenant, ni sa fougue, ni son talent. Naos avait perdu en force et motivation. Il n’était que le fantôme de lui-même, délaissé dans un jeu de violence dont il ne comprenait les règles—et Weiss ne possédait guère la patience de lui expliquer la loi de la rage. Le jeune homme manquait d’ardeur et de folie. Il voulait tuer et brûler mais il lui manquait cette frénésie malsaine, ce vice pervers dont elle était reine. Une passion pour la haine qui le tiendrait en vie, plus fort que l’amour, la crainte ou l’espoir. Lui comme l’armée de Pollux—aucun ne connaissait la valeur du vrai chaos. Ils ne tentaient que d’imiter ce qu’elle avait déjà achevé intérieurement.
« Je dois retourner au palais, donc si on pouvait passer outre les insultes et s’épargner la perte de salive, je t’en serais reconnaissant. Si tu veux, je peux même te laisser envoyer le premier coup, ça ne pourra pas te faire de mal de mal au niveau de l’égo. » Elle pencha la tête, titillée par cette incitation à la haine. La Verte au sang si chaud, celle qui avait éteint son cerveau, celle qui avait choisi la violence à la réflexion. Une honte à sa couleur, un traître à son sang. Comment pouvait-elle refuser une proposition alléchante. Allait-elle-même prétendre une fausse modestie et une certaine réticence avant de démembrer sauvagement chaque partie de son corps ? Bien sûr que non. Elle allait l’attraper, le dépecer et le faire saigner jusqu’à ce que même la sueur et la pisse la plus sale s’échappent de son corps. Et elle sourira, elle sourira si fort qu’elle s’en écorchera les lèvres.  « Puisque tu le demandes si poliment, j’vais pas faire semblant et prétendre être au-dessus de ça. Clairement, tu mérites mon poing dans ta gueule. » Weiss releva ses manches tombantes et fit craquer ses doigts, jetant un œil analytique par la même occasion. Un seul coup devrait suffire à lui casser le nez si j’envoie au bon moment, au bon endroit et à la bonne puissance, pensa-t-elle dans un silence malsain. Ses yeux grands ouverts, réfléchissant à toutes les meilleures possibilités pour assener le meilleur coup. Si elle en avait droit à un seul, ça serait celui qui fera mal. Celui qui le détruira de l’intérieur, le brisera pièce par pièce, le mettant à genoux et implorant son pardon pour ces huit années de solitude et cette éternité de douleur. Elle le ramènerait sur Terre, elle ruinerait ses rêves et lui ferait manger la rude réalité jusqu’à ce qu’il en vomisse le sang et la souillure de ses actions. Jusqu’à ce, qu’enfin, elle obtienne des explications. Et peut-être qu’après, si sa miséricorde le lui autorise, elle le laissera agoniser à sa mort.
« Serre les couilles et retiens tes larmes si ça fait trop mal. » le prévint-elle, en élançant son bras en arrière.
Puis le coup partit, espérant défaire les os de son nez et les espoirs de ses pensées.
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MessageSujet: Re: bring me out -- naos/weiss Jeu 6 Juil - 23:27

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Naos était devenu un orfèvre dans l’art de manier les mots, affutant sa langue afin de ne jamais rater la chair qu’il cherchait à transpercer. À force de propos effrontés, de cette arrogance mal digérée qu’il offrait à qui refusait de voir la blessure, il tenait à distance celles et ceux le terrifiant le plus. Ces personnes qui s’arrêtaient à la poudre aux yeux que leur envoyait le brun afin d’endormir leur sens, attiser leur haine plutôt que d’essuyer une inquiétude, une incompréhension qu’il ne saurait assumer. Avec le temps, alimenter l’ire de son ancienne amie était devenu une part de son quotidien, le mêlé montrant les poings plutôt que de tendre les mains comme s’il n’en avait jamais été autrement entre eux. Pourtant, à chaque nouvelle balle perdue s’échappant de ses lippes il ne pouvait s’empêcher de frémir en sachant pertinemment qu’il ne raterait pas sa cible. L’illusion que le Jagger renvoyait était devenue une seconde peau, une prison de chair derrière laquelle se cachait le jeune homme que Weiss avait connu à l’Académie. Celui qui la défiait en badinant avant de s’avouer vaincu un sourire aux lèvres et des étoiles plein les yeux. Aujourd’hui ne restait en ses prunelles que l’ébène de ses rêves condamnés, les restes calcinées de valeurs qu’il prétendait défendre à une époque où la Rene le regardait autrement que comme l’erreur qu’il semblait si volontairement être. C’était pourquoi il tapait de plus en plus bas, la honte qu’elle arrivait à lui faire ressentir réveillant en lui des regrets qu’il pensait éteints. Ses mots se faisaient plus mordants, ses remarques plus acerbes alors qu’il cherchait autant à se défaire d’elle qu’à goûter la violence de ses poings.
La haine de Weiss était parfois préférable à son indifférence. Celle-ci le transperçant de part en part de ses prunelles débordant d’un mépris qu’il avait pris un soin méticuleux à placer là. Il l’observait s’approcher comme la prédatrice qu’elle était, cette dernière inconsciente qu’elle lui donnait la seule chose que tous lui refusaient entre les murs du palais : de la reconnaissance. Même si ce n’était qu’une image tordue de l’homme qu’il avait été, de l’homme qu’il avait souhaité être, le Jagger savait qu’il existait dans les yeux de la mêlée. Il savait avoir consumé ses rétines au point qu’elle devait en voir son faciès dans le ciel obscur tatoué à l’envers de ses paupières, haïssant cette image tordue d’une personne à qui elle avait cru bon de faire confiance. Alors, même si les flots amers de sa rage allaient finir par le laisser délavé, il l’écoutait un sourire mauvais aux lèvres, soutenant son regard comme si elle n’avait aucun pouvoir sur lui. « Je préfèrerais que vous m’invitiez à votre prochaine soirée entre filles. Isaure rêve surement de toutes les choses que j’ai envie de lui faire, qui serais-je pour refuser ça à notre princesse ? » La vérité était ailleurs, loin des prunelles glacées du Jagger et du mordant dans ses mots. Coincé autre part que dans le myocarde fébrile du brun qui faisait gronder les tambours de guerre alors que ses paroles dépassaient sa pensée. Il savait aller trop loin, mais se prenait constamment à ne pas savoir s’arrêter face à Weiss. « On partage notre lâcheté et un égo surdimensionné. D’ailleurs, on passe nos journées à se complimenter mutuellement. »
La voir reculer sembla défroisser quelque chose entre les côtes du Jagger, ce dernier conscient qu'elle souhaitait lui foutre une droite en pleine gueule. La seule langue que semblait parfaitement maîtriser la Rene était celle des poings. Ce langage sans détour où les faux-semblants n’avaient pas leur place et le carmin se réveillait être le gage des plus belles promesses. Il fut une époque où Naos parlait cette langue aussi couramment que son égale. Le gamin des rues si prompt à serrer les poings, donner des coudes pour s’assurer juste de quoi exister. La carne était fatiguée, le costume délavé, pourtant il continuait la mascarade, refusant de tomber le masque. Même si la dernière chose qu’il avait souhaité était d’entrainer dans son sillage des personnes comme Weiss, il les avait vu tomber de l’échiquier géant qu’était sa vie. Ce n’était pas étonnant qu’à force de duperie elle finisse par voir sous les traits du brun le mépris de leurs oppresseurs. Ce n’était pas étonnant qu’à force de porter leur habit, il finisse par être imbibé par le pourpre de leurs méfaits. S’il ne serait jamais un Oshun, il avait passé tant d’années en leur compagnie qu’il avait fini par en oublier qui il était. Parfaitement conscient de la trajectoire de cette discussion, de l’unique issue de chacun de leurs échanges, le Jagger ne cherchait même pas à s’éviter la douleur. Juste à éviter la lassitude, la langueur qui lui collait à la peau lorsqu’il attendait que les coups prennent le pas sur les mots.
Sans étonnement, Weiss n’hésita pas un instant à accepter son offre alors que Naos roulait des yeux face aux répliques sans finesse de cette dernière. Il méritait clairement son poing dans la figure, mais, bien sûr, il n’admettrait jamais la chose. Ancrant ses pieds dans le sol, assurant que son centre de gravité était bien placé, il observa le ballet de la jeune femme préparant son coup. Les réflexions grondant sous son crâne éclaboussaient son faciès alors qu’elle armait son poing, incapable de résister à une énième boutade presque amicale dans le climat d’animosité régnant entre eux. Dans un silence pesant, le mêlé observa le poing de Weiss fendre l’air pour s’approcher dangereusement de son faciès. Il pouvait sans mal imaginer l’impact, la douleur qui ne demanderait qu’à enflammer la région touchée alors que d’un simplement mouvement il pourrait s’éviter cette peine. Ses doigts frémissaient à l’idée de se lever pour contrer le poing de la belle, user juste assez d’énergie mentale que pour aider à dévier la trajectoire du coup. Il resta pourtant immobile, un craquement sourd brisant le silence alors que Naos pouvait sentir les os de son crâne vibrer à un rythme inconnu. « Putain ! » Le grondement s’échappa de ses lèvres sans qu’il ne puisse l’empêcher, sa main droite volant à ses narines déjà ensanglantées pour jauger l’ampleur des dégâts, l’arrête de celui-ci clairement brisée. Malgré lui, Weiss sembla allumer un brasier n’attendant qu’une étincelle, abandonnant le brun à sa rage alors que le carmin s’échappant de ses narines ne pouvait étancher cette soif de sang qu’elle avait animé. Court-circuitant toutes ses manœuvres si précisément tracées, le brun se lança sur la mêlée sans réfléchir, trainant cette dernière dans sa chute alors que ses mains se refermaient sur la carne de cette dernière. Goûtant le bitume comme il l’avait fait à tant de reprises, il n’hésita pas un instant, luttant pour l’ascendance face à l’adiutor dont les talents en faisant pâlir tant d’autres. Une main nouée autour de sa trachée, il leva son poing, incapable de voir autre chose que le carmin imbibant ses prunelles et ses songes. Les phalanges blanchies sous la pression, ne demandant qu’à s’user contre la chair de la jeune femme, son cœur manqua un battement alors que son poing s’écrasait à côté du visage de la Rene dans une exhalation de rage. Le brun s’arrêta instantanément alors que la douleur se répandait dans son bras, conscient qu’elle avait réussi à le mettre hors de lui. Conscient surtout qu’elle devait encore moins comprendre ce qui se passait. Au final, ils avaient tous les deux perdu. « C’est bon, t’as eu ce que tu voulais ? On peut recommencer à agir comme des adultes ou tu vas continuer à te comporter comme une gamine à qui on ne donne pas assez d’attention ? » Dans le fond, il voulait juste admettre ne pas vouloir lui faire de mal. Il voulait juste qu'elle arrête de le pousser à être ce gars là. Il en pouvait plus d'être ce que tout le monde attendait lui. Il voulait juste qu'elle arrête sans avoir à tendre aucun drapeau blanc.
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‹ AGE : vingt-huit ans.
‹ STATUT : indépendante et solitaire, aucun être n'a su faire battre son cœur.
‹ SANG : mêlé au sang usé, trahi et exploité.
‹ METIER : adiutor, garde du corps et protectrice d'isaure oshun qui lui vole son temps et sa patience, espion de la ligue à la cour et enfant invaincue des arènes.
‹ ALLEGEANCE : à elle-même, à la princesse puis aux mêlés. l'ordre peut varier selon les circonstances.
‹ ADIUTOR : la grande ô princesse exilée qu'est isaure oshun.
‹ POINTS : 1894

MessageSujet: Re: bring me out -- naos/weiss Jeu 13 Juil - 2:29

Le coup était parti sans qu’elle ne puisse contrôler sa force ou son angle d’attaque. Malgré tous les calculs qu’elle autorisait son cerveau à faire, rien ne pouvait prévoir la puissance de sa rage. Pas même elle. Impétueuse, fougueuse et pleine d’ardeur. Weiss était une entité entière faite de colère. Une bombe qui attendait d’exploser, laissant le monde accueillir sa si belle anarchie. Et qui était-elle pour refuser un aussi beau coup ? Peut-être qu’elle aurait pu se calmer, qu’elle aurait pu dompter son cœur et ses envies. Mais la vue de Naos, le nez ensanglanté, était bien trop belle pour laisser ses actions à la culpabilité. Elle était toujours là pour apprécier un bon poing dans la gueule et si c’était celle de son rival, ça n’en était que meilleur.
Etait-ce peut-être le juron de l’homme qui était autrefois son ami ou bien la rapidité avec laquelle il s’était jeté sur elle qui la fit trembler. Pas de peur, non. De surprise. A ce stade-là, elle avait abandonné la recherche de toute trace d’émotions sur le visage de Naos. Un simple fantôme, prisonnier de son corps, de sa vie, bien incapable de ressentir quoique ce soit ou de montrer quoique ce soit autre qu’une arrogance factice là pour cacher une peine indéniable. Alors qu’elle était différente, bien différente. Malgré son statut de Verte, elle ne se cachait pas dans les jeux froids de l’intellect et de l’esprit, là où l’homme refusait d’être décodé comme une vulgaire équation. Mais Weiss...ça ne l’intéressait pas. Elle refusait de se joindre aux faux-semblants et à la malice de sa couleur, à leurs plans tordus et les visages dénués de cœur.
La vie était trop courte pour ne pas s’exprimer.
Alors elle sourit.
Elle sourit lorsqu’il attrapa son cou et l’étrangla jusqu’au point de l’en étouffer. Elle sourit lorsqu’il leva son poing pour lui donner une toute autre couleur au visage que le vert. Elle sourit lorsqu’elle vit la colère briller dans ses yeux, cette même expression qu’elle avait portée si souvent dans le miroir. Elle sourit lorsque, finalement, son poing frappa le bitume et non son visage.
Un sourire de déception, de soulagement, de provocation.
Elle sourit, parce que cette pauvre folle n’avait que ça à faire.
« C’est bon, t’as eu ce que tu voulais ? On peut recommencer à agir comme des adultes ou tu vas continuer à te comporter comme une gamine à qui on ne donne pas assez d’attention ? » Mais elle perdit son sourire. Elle aurait préféré recevoir mille claques que ces mots-ci. Dépitée par ses paroles, elle se débattit sans réelle conviction. Non pas parce qu’elle savait qu’elle ne pouvait s’échapper de sa grippe mais parce qu’elle savait qu’elle pouvait l’emmerder ainsi. Puis elle se calma, reposant son corps las au sol. Elle fronça les sourcils, le visage à la fois triste et enragé. « Ah, c’est ce que tu penses de moi ? Une simple gamine qui n’a pas reçu assez d’attention ? » Si seulement il savait. Mais Weiss lui épargnerait la tragédie qu’était son enfance. Elle éclata de rire, un pauvre ricanement dénué de vie et de sens. « Je te conseille de fermer sagement ta gueule si tu ne veux pas que je casse une autre partie de ton corps. Ta colonne vertébrale par exemple ou peut-être ton crâne si tu continues à parler de ce que tu ne sais pas. » Encore une fois, elle se cacha derrière sa violence. Une brutalité qui dissimulait la rancune qu’elle avait pour ce monde pourri.
Peut-être qu’un jour, lorsqu’il serait revenu à sa raison et qu’elle aurait dominé sa hargne, elle lui raconterait. Elle lui raconterait l’histoire de la pauvre fille d’horloger, l’enfant génie qui a vu sa famille prise par les dommages de la guerre et la tyrannie des nobles. Elle lui raconterait sa solitude—car Weiss était seule bien avant d’entrer à l’Académie et a continué de l’être même après l’avoir quitté. Elle lui raconterait tout sur sa tristesse, ce pauvre chagrin arborant son cœur qu’elle efforçait de faire taire derrière le sang et la haine, cette envie de mourir qui la séduisait tant par moment. Et elle lui dirait comment l’amertume et la rage étaient devenues ses seuls compagnons, à travers les nuits les plus froides comme les jours les plus chauds. « Tu n’as pas le monopole de la souffrance, Naos. » déclara-t-elle comme une triste évidence. Personne ne pouvait abhorrer ce monde autant qu’elle. « Mais au moins, je ne passe pas mon temps à trahir mes amis et à agir comme un salopard pour le cacher. »
L’ayant pris de court, elle se dégagea facilement en lui tordant le bras puis elle tapa dans son tibia pour lui faire perdre tout son équilibre. L’adiutor retomba sur elle et elle le poussa sans aucune tendresse sur le côté, leur permettant chacun de se relever. Elle le fixa d’un de ces regards inquisiteurs qui le disséquait pièce par pièce, preuve qu’elle savait encore faire honneur à ses menottes verdoyantes. « T’as une sœur, pas vrai ? Oona, nan ? » Mais elle, elle n’avait rien. Un père assassiné, une mère tuée à l’usure et un frère abandonné par la guerre. Rien. Elle n’était rien. Elle avait travaillé ô si durement, à la sueur de son front et les douleurs de son cœur pour se retrouver où elle était. « Je vais pas insulter ton intelligence et prétendre que tu ne comprends pas l’utilité de la Ligue. Mais Pollux...Si tu penses qu’il épargnera le reste d’entre nous—les mêlés. C’est que t’es vraiment con au final. Vous allez mourir bêtement, toi et ta sœur, et personne vous sauvera. Pas même moi. »
Et elle ne voulait même pas essayer.
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‹ STATUT : destiné à personne d'autres que lui-même, prisonnier du contrôle des autres, les coeurs pas pris ne veut se faire prendre. fuyant les chaines comme le feu de ces passions, il s'accroche au froid dans ses veines.
‹ SANG : sang mêlé, jugé et condamné sur ce carmin dont il n'a aucun contrôle, il a toujours souffert la misère liée à ses origines.
‹ METIER : ombres du roi en devenir, il se forcé de longer les murs en sa présence
‹ ALLEGEANCE : sa famille de coeur et ses propres intérêts, ses craintes et sa rage l'ont poussé à se lier à la ligue et l'armée de pollux
‹ ADIUTOR : protecteur d'une idée plus qu'un homme, il défend le bien-être d'in roi en devenir
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MessageSujet: Re: bring me out -- naos/weiss Mer 19 Juil - 23:43

But I have been familiar with ruins too long to dislike desolation.
Poussière d’étoile, désireux de mener la marée au gré de sa volonté, le Jagger se prenait à planter des chrysanthèmes là où il avait autre fois espérer semer des grains d’espoir. Forcé de voir tout ce qu’il aurait souhaité voir croitre dépérir, le brun ne niait plus sa responsabilité, semant les maux avec plus d’aisance qu’il n’en maniait les mots. Le mêlé s’agrippait aux oripeaux malmenés de son contrôle, luttant pour ravaler cette rage remontant le long de sa trachée, portant la nausée à ses lèvres. Pourtant, le brûlant de cette colère avait quelque chose de salvateur, telle la boursouflure permettant à l’individu d’enfin mettre le doigt sur le foyer de la douleur. Il pouvait pointer du doigt le cœur, cet organe déficient qui l’avait tant de fois trompé. Il pouvait pointer ses prunelles, opales usées desquelles plus rien ne semblait vouloir couler. Il pouvait viser sa bouche, ces lippes retroussées d’où ne sortaient que les mensonges rouillés d’un homme aux côtes rongées par l’horreur de ses actes. Dans le fond, il ne savait que pointer du doigt, l’être soumis à l’effroi de s’être tant perdu qu’il ne pouvait que continuer pour oublier. Les mains entourant la nuque de son ancienne amie, il trouvait dans l’horreur de l’acte un apaisement notable. Le bourdonnement permanent sous son crâne apaisé par l’appel du mal lui rongeant les veines. Lui rongeant la chair au point qu’il aurait pu en sentir le bout de ses doigts se consumer à ainsi compresser la trachée de la mêlée. Refusant de s’abandonner à ces maux, d’offrir ce plaisir-là à son ancienne amie reposant entre ses doigts, il desserra sa prise son poing ne demandant qu’à s’abattre autant de fois qu’il le faudrait sur le visage de la Rene.
Le poing serré, les crocs acérés, il souhaitait tant s’user les phalanges à peindre un ciel pastel le long des pommettes de la jeune femme. Il voulait s’ouvrir le torse pour montrer au monde l’étendue de la plaie, offrant à Weiss le plaisir de goûter l’amertume de ses poings pour une fois. Au lieu de quoi, comme toujours, ses mots étaient mordants, l’animal attaquant quiconque s’approchait trop près de la blessure. Il mutilait pour ne pas avouer l’étendue de la meurtrissure, avouer ses erreurs et la manière dont celles-ci avaient en retour forgé sa vie. Naos n’avait aucun drapeau blanc à tendre, juste le carmin d’une toile rongée par des années de mensonges empilées au plus profond du trou en son poitrail. « Essaye un peu de me casser la gueule, qu’on rigole. Dois je te rappeler que je sais recevoir les coups ? » Qu’il les attendait dans une fièvre lancinante, accueillant le carmin s’échappant de sa chair avec rage et délectation. Il était une plaie attendant d’être ouverte, s’offrant à toute lame prête à le faucher et Weiss était une arme ne demandant qu’à saigner le monde et les êtres fait de l’étoffe du Jagger. Ils se seraient fait tant de bien à se faire du mal. Peut-être qu’ils auraient pu régler par les poings ce qu’ils étaient incapables de régler avec des mots. Toutefois, Naos refusait cette amnistie, rejetant l’absolution des larmes, souffrant ses vagues à l’âme sans jamais poser pied à terre. Il refusait ses regrets, rejetait cette culpabilité dont tant souhaitaient l’affubler. Cette langueur qui ne menait à rien, cette horreur qui l’aurait figé, à cause desquelles il aurait été incapable de poursuivre ses buts. À trop regarder en arrière, Naos savait qu’il risquait de finir par ne plus aller de l’avant. À la place, il portait des œillères et refusant de réfléchir trop longuement.
La phrase l’avait fauché en plein vol, étincelle soufflée par les vents, il regardait Weiss dubitatif, prêt à chercher sa chair pour trouver la plaie. Découvrir où la brune avait pu planter sa lame et suturer ce trou dont il se vidait sans savoir comment empêcher l’averse de se propager. Soumis à la vivacité de la mêlée, il ne lutta pas contre celle-ci alors qu’elle reprenait l’ascendant dans leur piteux affrontement. Toujours au sol, se redressant avec peine, le corps écrasé par ces mots qu’elle lui avait jetés au visage sans qu’il ne les attende, il passa sa manche sur le sang coagulé au bord de ses narines avant de souffler : « Tu n’as pas le monopole de la revanche non plus. Et ne fais pas comme si tu me connaissais, le temps a déjà prouvé que ce n’était pas le cas. » Continuant de frapper avec ses mots là où il refusait de taper avec ses poings, Naos n’avait de cesse de semer le mal et ses maux dans l’espoir qu’un jour prochain il en ressorte autre chose que cette amertume lui rongeant les bronches. Il n’en était rien.
Se remettant sur ses pieds sans mal, il toisait celle qui avait toujours été son égale de ses prunelles trop sombres que pour être sondées. Il portait dans le regard des siècles de désillusions durement ravalées, vents et marées luttant en ses iris dans l’espoir que l’averse finisse par en gracier ses paupières. Ses yeux étaient désespérément arides et pourtant son cœur était mouillé. « Qu’est-ce que t’en as à foutre de mon sort ? Surtout quand tu n’as de cesse de professer les multiples manières dont tu comptes incarner mon inévitable trépas. »  C’était à son tour de sourire. Dévoiler ses babines enragées à défaut de pouvoir dévoiler des prunelles émaciées au point que la marée finirait invariablement par en déborder. Il souriait d’autant plus fort que la douleur était insoutenable, l’ancien gamin des rues rongeant les chaines qu’il avait placées à ses poignets conscients de ne pouvoir s’en défaire. « Ne prétends pas en avoir quelque chose à faire de ma sœur. Ou me faire des leçons de morale sur la manière de la protéger quand ta maîtresse n’a eu de cesse de professer des menaces à son égard. » La chair était à vif, la mémoire au charnier, les mots de la princesse l’avaient marqué plus qu’il ne voulait l’admettre. La peur lui enserrant le myocarde sans qu’il ne puisse lutter contre le chaos rompant son poitrail à l’idée qu’elle puisse ne toucher qu’à un seul cheveu de la personne qu’il chérissait le plus au monde. « La fausse mansuétude ne te va pas bien au teint, Weiss. Je vous préfère, toi et la princesse, enragées et impertinentes. Dans ces moments-là, on pourrait presque croire que je ne vous hante pas. » Et le Jagger savait qu’il les hantait. Il savait à quel point son souvenir les avait consumés, la façon dont il s’était infiltré en leur système au point d’en consumer leurs prunelles le jour où il avait rompu leur avenir en leur brisant les ailes. Il savait et, tournant le dos à la mêlée comme s’il n’en craignait pas sa rage, il s’éloignait d’elle conscient des ravages qu’il avait causés, mais plus encore désireux de souffrir l’orage de leurs rages opposées.
(c) AMIANTE
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