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tensions à aksana
Un climat de tension règne à Aksana depuis les fouilles faites par l'Empire.
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intrigue II - LE MARIAGE IMPERIAL
L'épisode trois de la saison une a été posté, il s'agit du mariage impérial unissant Saeko Yinren et le prince héritier. Viens donc y participer!
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(galel), breath in, breath out.

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MessageSujet: (galel), breath in, breath out. Jeu 15 Juin - 20:53



breath in, breath out
When the words weigh heavy on the heart, I am lost and led only by the stars. Cage me like an animal, A crown with gems and gold, Eat me like a cannibal, Chase the neon throne. Breathe in, breathe out, Let the human in. Breathe in, breathe out And let it in, Plants awoke and they slowly grow Beneath the skin, So breathe in, breathe out, Let the human in. The air is silk, shadows form a grin If I lose control I feed the beast within. Cage me like an animal, A crown with gems and gold, Eat me like a cannibal, Chase the neon throne. Breathe in, breathe out, Let the human in. Breathe in, breathe out And let it in. ~ human, of monsters and men.


Il y a d'abord la contemplation, et puis vient le choc qui s'apparente à une lourdeur dans l'estomac. Du coin de l'oeil, c'est comme si Acanthe voit le spectre de tous les coups qui lui ont été affligés ; le profil de l'homme, de ce nouvel allié, semble identique à celui du monstre qui a un jour été son époux. Ses mains tremblent. Ses entrailles se contractent, et sa nuque se hérisse de chair de poule tandis qu'elle essaie vaillamment de vaincre ce qui se réveille en elle ; des émotions trop brusques, trop violentes, qui la prennent à la gorge sans crier gare. Elle a peur, et cette simple notion réveille en elle des trésors d'interrogations où la terreur surpasse sa capacité de raisonnement. Elle est terrifiée. Elle, figure culminante, apeurée. Battue. Terrassée. Ses cils battent rapidement et bientôt le mirage s'efface lorsque le Mêlé se retourne et lui adresse un simple mouvement de tête en guise de salut – il lui faut quelques secondes supplémentaires pour parvenir à le lui retourner, le cœur toujours au bord des lèvres et les ongles ayant préalablement formé des demi-lunes sanguinolentes dans le creux de ses paumes. Les battements de son cœur résonnent à leur rythme dans ses oreilles, amplifiant l'aspect dramatique de cette erreur à laquelle elle est parvenue à ne pas donner suite. Ses lippes s'habillent d'un fin sourire de circonstance, plus silencieuse que d'ordinaire, plus terrassée qu'elle n'aurait dû l'être en fin d'compte. Elle quitte alors le groupe avec lequel elle conversait, prétextant l'urgence d'une autre rencontre, afin de vaciller à sa guise dans les couloirs dans lesquels elle a l'habitude de se perdre afin de se consacrer à sa réflexion. Mais de réflexion, il n'en est pas vraiment question maintenant – la frénésie que lui inspire cette illusion d'optique, cette ressemblance fortuite, n'est pas normale. Elle le sait, elle le sent, et ça lui donne envie de vomir.

Un passé comme le sien, doux et sucré en comparaison d'autres qu'elle a été susceptible de croiser, lui inspire encore des cauchemars – ce sont des chimères toutefois, des images qu'elle n'est pas en mesure en contrôler et qu'elle ne côtoie plus une fois le jour venu. Mais si elle commence à dérailler, alors Acanthe est certaine d'aborder une joyeuse myriade de problèmes dont elle n'a pas le temps, ni même les capacités, de résoudre. Pour le moment, elle se contente de marcher, bras croisés contre sa poitrine et lèvres pincées à s'en faire grimacer de douleur. Voir, ou penser voir, Accolon l'avait immédiatement remise à sa place – là où la soumission était reine, et où elle n'était rien de plus que la femme battue. Réduite à un statut qui avait du sens à l'époque où elle le subissait, réduite à ça ; personnalité effacée, engouement éteint, espoirs vains. Elle s'en souvient aujourd'hui, parce que c'est dur d'oublier, parce qu'elle ne peut pas fermer les yeux sur ce qu'elle a été pendant des années – ce n'sont que des foutaises lorsqu'elle met en avant son statut d'adiutor en fuite. La raison est plus viscérale, à l'instar du problème qu'elle n'est jamais parvenue à résoudre, adoptant la fuite pour seule solution. Il y avait Callany là-bas, dans cet enfer. Callany, et le monstre.

Alors, dès qu'Acanthe sent des doigts se fixer sur son épaule, à l'aube de sa peau, elle se retourne et frappe. Ses doigts contractés en un poing salvateur s'écrasent sur le nez de Galel Valandir qui semble tituber sous le choc (ou peut-être est-ce encore son imagination qui lui joue des tours ?). Aussitôt, ses lèvres forment un rond, soulignant sa surprise et, tandis qu'elle maudit mentalement sa stupidité, elle esquisse un pas maladroit vers Galel, les mains à demi-levées comme pour lui prouver qu'elle n'a pas l'intention d'en remettre une couche. « Oh merde » jure-t-elle en un soupir, ne sachant toujours pas quoi faire de ses mains qu'elle laisse bien ouvertes et tendues vers son comparse. « Je suis affreusement désolée, j'ai été surprise et - » et ce n'est pas une raison. Elle pourrait ajouter, sur la défensive, qu'il mérite ce petit coup vu le comportement qu'il a avec Callany – où a-t-il appris à voler l'enfant d'une autre ? ; mais elle n'y croit pas, et n'y pense même pas, trop focalisée sur ce contact virulent pour être fâchée. Elle l'a toujours admiré, Galel, l’encensant plus que de raison depuis qu'il l'avait menée jusqu'à la Ligue. Il s'agit certainement de son plus cher ami, celui vers qui elle se tourne machinalement lorsque des décisions sont à prendre – elle lui fait confiance, et irait même jusqu'à lui confier sa vie. Pourtant, depuis l'arrivée de Callany parmi eux, Acanthe ressent le crépitement farouche d'une jalousie mal placée. Elle essaie de faire bonne figure auprès du principal intéressé, mais force est de constater que son comportement s'est sensiblement modifié ; si elle était du genre à se rétracter dès que le ton commençait à monter entre eux, autant physiquement que verbalement, elle se sent à présent suffisamment agacée et envieuse pour lui couper le sifflet. Mais pas jusqu'à le rouer de coups en lui ordonnant de la fermer. « si je t'ai cassé le nez, tu peux casser le mien. » propose-t-elle, les yeux brillant d'un éclat particulier. Ca lui manque de ne pas être fâchée – qui plus est, Acanthe sait pertinemment que Galel mérite mieux que ce genre de spectacle qu'elle offre en ce moment.

Affublée d'une honte qui se veut grandissante, Acanthe frissonne et aimerait reculer, mais elle reste campée sur ses jambes, lourdes comme des blocs de pierre. « Tu veux que j'y jette un coup d'oeil ? » relance-t-elle désespérément, lançant malgré elle des signaux contraires. C'est son truc en plus au fond, que de dire quelque et de faire son inverse ; un sport qu'elle pratique depuis qu'elle connaît Galel. En se fiant à la manière dont elle se comporte, il doit assurément penser qu'elle ne ressent pour lui aucune espèce d'attraction. Mais ce n'est pas sa faute à elle si elle s'écarte lorsqu'il lève le bras, ce n'est pas sa faute si son estomac se retrouve dans ses talons dès qu'il est proche, suffisamment proche pour qu'elle puisse sentir son odeur et imaginer la courbure de son corps, ce n'est pas sa faute si elle se sent si proche de lui qu'elle en est en réalité craintive. Elle n'veut plus se retrouver sous le joug d'un homme, elle ne veut plus être manipulée ou poussée au désespoir. Alors, elle renvoie, malgré tous ses efforts pour être normale, une impression qui n'est pas celle qu'elle aimerait diffuser. Mais c'est c'qu'elle est, et il mérite infiniment mieux que ça.


Dernière édition par Acanthe Redwyne le Mar 20 Juin - 23:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (galel), breath in, breath out. Mar 20 Juin - 22:29

Creatures of diametric dispositions, we’re winter and spring you and I. Two seasons, so opposite in nature, connected for but a moment; forever changed by the touch. (For always I am on the verge of melting into you.)

L'amertume pendue à la lippe, l'agacement barrant son front, la porte tremble dans ses gonds alors qu'il quitte le premier le rassemblement des espions. Défroissant les muscles tendus de ses poignets entre ses mains crispées, le mêlé s'éloigne, laisse ses pas s'enchaîner dans les couloirs labyrinthiques. C'était déjà délicat de se concentrer, d'écouter les maigres informations que chacun livrait ce jour, à triturer ses phalanges et à griffer les poches de son pantalon. Déjà la dernière fois, puis celle d'avant, ç'avait déjà commencé à l'emmerder sérieusement de ne constater aucun avancement. Ou de voir chacun tourner les talons et repartir d'où il venait, sans plan d'action, sans rien d'autre qu'une date à laquelle ils tâcheraient de se réunir pour faire le point. Et puis, Weiss. Seul son prénom suffit encore à resserrer ses mâchoires alors que leur énième altercation brûle encore sa mémoire. Celle qui a peut-être eu le plus de mérite dans les nouvelles apportées de la capitale, pourtant. Ce qui n'a pas empêché le Valandir de mordre, lorsqu'une fois de plus ils se sont retrouvés à ne pas être d'accord. Comme s'ils étaient destinés à l'être un jour. Et la séance qui s'est transformée en lutte acharnée à celui qui ferait fermer la grande gueule de l'autre, sous les regards habitués - mais toujours aussi exaspérés - de leurs comparses qui n'ont eu d'autre choix que de laisser l'orage passer. Il a encore l'acidité des mots qui lui crame la gorge alors qu'il descend les escaliers, qu'il s'éloigne le plus possible du groupe et de la tension électrique qui a commencé à le gagner. Ce serait con de péter un plomb, pour si peu, donner raison aux quelques mauvaises langues qui ont toujours jugé que l'âge a beau l'avoir assagi, qu'il n'en demeure pas moins instable. Y'a sûrement du vrai alors que dans ses paumes closes suffoquent les étincelles, que lorsque son regard se redresse enfin y résonne encore la tempête. C'est rien. Rien. Rien d'autre qu'une broutille qui a emmêlé les nerfs, trouvant leur écho teigneux dans ceux de la mêlée. Pourtant, il lui faut un certain temps avant que l'irritation ne s'apaise. Et tout s'estompe définitivement, lorsqu'au détour d'un couloir, c'est sa silhouette que l'azur capture. Une vague de satisfaction se propage le long de ses os alors qu'il continue dans sa direction, de celles qui accélèrent sa cadence pour le porter au plus tôt à ses côtés, dans son dos. Dans un geste des plus anodins, des moins réfléchis, ses doigts l'atteignent à l'épaule, l'ombre d'un sourire s'immisçant déjà sur ses lèvres en attendant qu'elle se retourne. Il suffit d'ancrer son regard dans le sien pour que le calme se dessine entre ses côtes. D'un mot pour effacer tous les autres.

Mais il n'a pas le temps de la regarder, de lui sourire, ni même de la saluer. Une fraction de seconde et tout s'emmêle, ses boucles brunes qui encadrent ses traits effarés, la douleur sourde qui s'anime au centre de son visage et le pas de recul qui manque de lui faire perdre l'équilibre. D'instinct, ses mains finissent par se porter à son nez, tachées de vermeil qui s'incruste sous ses ongles alors qu'il demeure interdit. Pendant quelques secondes, il la ferme, le poing serré sur l'arête de son nez en reprenant ses esprits, essayer de comprendre ce qui vient juste de se produire. Il en a vu d'autres, bien d'autres, et si Acanthe a plus de force qu'il ne l'aurait cru dans ses fins poignets, la douleur physique n'est bientôt plus qu'un grondement sourd. Il triche, depuis des années, à user de son don pour taire les impulsions électriques diffusées par ses nerfs, ce mécanisme de défense éprouvé depuis tout môme, depuis qu'il a pigé le truc. Peut-être bien la première facette de son don qu'il ait su maîtriser à l'époque où tout son corps n'était que violence, cataclysme demandant à se déverser sur le monde. Ce réflexe qui s'anime inconsciemment dès qu'il se met sur la défensive, que l'incompréhension s'enfouit tout au fond de ses pupilles. Avec elle, il ne donne pas le change pourtant. Ne fait pas mine que ce n'est rien, qu'il n'a pas mal, que ça ne l'atteint pas. S'il sait parfois se contenir et arborer son masque de glace, hérisser son regard d'une indifférence tranchant avec l'aigreur pendue à ses tripes, il n'essaye même pas. Parce que ça l'atteint, plus qu'il ne le veut, plus qu'il ne le comprend. Acanthe tend ses mains vers lui, et il se contente de l'observer alors que la noirceur des étoiles qui piquent son champ de vision s'estompent. Il l'écoute s'excuser, mais tout ce qu'il entend, c'est qu'une fois de plus, elle n'a pas supporté qu'il la touche. C'est tout ce qui tourne dans son crâne, inlassablement, ravivant le souvenir de toutes ces fois où il a égaré un geste dans sa direction, à la voir tendre son échine comme s'il venait de commettre un affront des plus odieux. A cet égard-là, c'est aujourd'hui que Galel revoit sa mère, ses gestes désordonnés dès que le père s'approchait un peu trop, après l'avoir à de si nombreuses reprises malmenée. C'est pour ça qu'il ravale les répliques qui s'osent à ses lèvres. T'as un problème ? Qu'est-ce-qui te prend ? Elles meurent avant même qu'il n'ait pu les prononcer. Il n'a pas envie de le lui demander. Bien sûr, qu'il y a un problème. Un problème avec lui, ce qu'il croit fermement depuis des années à maintenir une distance de convenance, à se faire violence pour ne pas agir comme il l'entendrait. Un problème qui prend une toute autre mesure, maintenant, alors que le coup reçu éveille soudain bien plus de questions. Parce qu'elle n'a aucune raison apparente de partir au quart de tour de la sorte avec lui. Il n'a jamais levé sa main sur elle, ne lui a jamais donné la moindre raison d'ainsi attaquer. Non, lui, lui ne l'a pas fait.

Tout se confond dans son regard alors qu'il essaie de comprendre, qu'il n'y parvient pas encore, alors que la réplique plus piquante de son amie le tire de toute sorte de réflexion. « T'as plutôt de la chance, j'ai les os solides, y'a pas de raison que j'abîme ton joli minois en retour. » Il rétorque sur le même ton, sans y réfléchir. Parce qu'elle peut être désolée, qu'il la pardonnerait sans problème. Mais que ce genre de remarque lui reste en travers de la gorge, alors qu'il la jauge d'un air tant ébahi qu'ironique. Ouais, foutrement ironique, comme s'il n'était qu'à un nez cassé de vouloir lever la main sur elle, lui qui use du contact avec une parcimonie qui ne lui sied guère en sa présence. Lui non plus n'aime pas forcément qu'on le touche, qu'on le colle de trop près, exception faite de celles qui apaisent le temps d'une nuit ses chairs colériques. Acanthe, c'est peut-être la femme avec laquelle c'est devenu le plus difficile de rester impassible, de taire l'envie de glisser ses doigts dans sa nuque, de l'enlacer dans ses larges bras et de la sentir respirer contre lui. C'est celle à laquelle il dévoue pourtant tout son respect, quand bien même ça le tiraille parfois, à se tenir si près sans jamais la sentir proche, sans oser, jamais.« Vas-y, Acanthe, jettes-y un coup d'oeil, alors. » Y'a une provocation qu'à demi-dissimulée alors qu'il cesse de comprimer ses narines, faisant même un pas dans sa direction pour lui laisser tout le loisir d'y jeter un coup d'oeil. Son regard s'abaisse vers elle alors qu'il incline légèrement la tête dans sa direction, en guise de cette fausse bonne foi visant à lui faciliter la tâche, jusqu'à hauteur de son souffle sur son visage qui lui fait réaliser qu'ils n'ont jamais été aussi proches. Ses iris brillent de cette contrariété qui n'a que peu à voir avec le souci de son nez. Et il peine à s'arrêter, Galel, alors qu'il poursuit avec ce fichu sourire au coin des lèvres. « La prochaine fois, j'm'annonce de l'autre bout du couloir, hm ? Ou j'risquerais de me prendre un projectile dans la tronche, remarque. Un courrier, ce serait peut-être plus sûr, t'aurais au moins le temps de t'y préparer si j'te préviens quelques jours à l'avance que j'risque de venir te voir. » Les mots s'enchaînent comme s'il s'agissait d'une simple boutade, pourtant il pressent qu'il ne s'agit pas d'un sujet dont il pourra rire longtemps, pas alors qu'il est lui-même si amer à ce propos. « Parce qu'il faut me l'dire, Acanthe, si j'risque carrément de m'faire casser le nez dès que j'te tapote l'épaule, maintenant. » Et il insiste sur les mots, sans pourtant démontrer la moindre animosité. C'est ce foutu désarroi qui parle, porté par l'irritation, à souligner cette parfaite conscience qu'il a de ces contacts proscrits depuis des années, ce sujet qu'il a toujours tu, peu certain de vouloir des réponses.

code, astra.
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MessageSujet: Re: (galel), breath in, breath out. Jeu 22 Juin - 0:23



breath in, breath out
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Le coup résonne dans ses phalanges décontractées. Acanthe ressent encore la force de l'impact, et l'horreur qui en découle ; elle se maudit, tout en s'estimant heureuse d'avoir brisé la bulle de verre qui l'avait brièvement entourée. Cette dualité de sentiments converge jusqu'à l'implosion, ses prunelles bleutées se focalisant sur le liquide carmin qui macule à présent les doigts de Galel. Doucement ses mains s'abaissent, la pression délaissant ses nerfs et son cœur. Pourtant, ses doigts tremblent avant qu'elle ne les comprime contre ses omoplates, croisant les bras afin de se donner davantage de contenance face à ce regard que son comparse lui accorde. Elle n'y voit aucune animosité, même si l'intonation de sa voix flirte dangereusement avec une acidité toute contenue, seulement une incompréhension palpable. La culpabilité qui enserre sa gorge lui apporte un puissant goût d'amertume et, si elle avait eu une dizaine d'années en moins, elle aurait très certainement baissé le nez vers ses chaussures. La honte la darde encore de ses picotements furtifs, notamment au niveau de ses pommettes, mais elle garde la tête haute – seule sa moue souligne tout son désarroi. Elle le sent proche, mais cette proximité est étrange, comme implicitement interdite par tous les signaux qui se mettent en éveil sous son épiderme. Sans qu'Acanthe ne s'y attende, son ventre se crispe sous un douloureux spasme de manque ; c'est perceptible, réel. Elle ne sait plus de quelle manière se comporter en sa compagnie – est-elle supposée être toujours désagréablement offensée par sa proximité troublante avec Callany, ou bien est-elle en droit de s'élever loin de cette envie prenante d'appartenir à cette équation qui ne lui est pas réservée ? Face au geste qu'elle a inculqué, face à cette brutalité qui ne lui ressemble guère, Acanthe se replie, et redevient Acanthe ; celle qu'elle est. Sans envie, sans aigreur. Elle reprendra le travail plus tard, se défendra un autre jour, haussera même le ton si l'envie l'en prend.

Galel sourit, s'avance d'un pas vers elle. La provocation n'est qu'à peine déguisée, et Acanthe encaisse le coup. Elle ne bouge pas, ne frémit pas. Ses paupières se plissent légèrement alors qu'elle décroise les bras, permettant à son index et à son majeur de parcourir l'arête de ce nez qu'elle a précédemment malmené. Sous la pulpe de ses doigts, la chair est chaude, rougeâtre et légèrement humide. Sans s'en apercevoir, Acanthe retient sa respiration, continuant involontairement son exploration minutieuse en apnée. Ce n'est que lorsqu'elle sent le souffle de Galel lui caresser le visage que ses propres poumons semblent reprendre du service ; mais consciente de la précédente inexistence de ses bouffées, elle oublie l'automatisme respiratoire et se cale contre les soupirs de son comparse pour orchestrer les siens. Sans souffler mot, Acanthe glisse sa main libre dans l'une de ses poches, en ressort un mouchoir en tissu blanc qu'elle pose sur le nez de Galel. Et il continue, blessé dans un orgueil qu'elle conçoit sans toutefois percevoir, à sourire et à persifler. La mêlée garde un silence qui se veut prudent et poli, mais l'un de ses sourcils s'arque progressivement, au gré des commentaires de son sauveur. Elle comprend que son geste n'a pas lieu d'être, que sa surprise n'est pas le seul élément à prendre en compte dans ce geste ; mais sa bouche s'assèche et ses dents se serrent, ses excuses n'arrêtant visiblement pas le torrent de suppositions médusées. Force est de constater qu'Acanthe ne souhaite guère être perçue de cette manière-là, mais rien de ce qu'elle a dans les tripes n'est suffisant pour la faire revenir en arrière et changer les choses. L'étiquette est déjà collée sur son front, la réduisant visiblement à ce qu'elle ne parvient tout simplement pas à contrôler, à cette terreur grandissante, grossissante, qui envenime même les gestes les plus doux. En présence de Galel, elle se tend souvent, courbe presque l'échine, sursaute, esquisse quelques pas en arrière – mais il n'est rien de ce qu'Accolon Redwyne était. Il n'y a rien en lui qu'Acanthe devrait craindre, au contraire, il est bien tout ce qu'elle cherche ardemment à désirer. Mais ce ne sont pas des choses qui se disent, spécialement lorsque la proximité corporelle est aussi problématique – ce ne serait finalement l'emblème que d'une ironie intemporelle.

Ses doigts arrangent le bout de tissu contre le nez du supplicié, puis Acanthe s'immobilise, attendant que la main de Galel vienne prendre la relève ; une fois ceci fait, ses iris se fixent brièvement vers ceux de son acolyte, tandis qu'elle susurre d'une voix relativement acidulée : « Le mouchoir, c'est cadeau. » Elle se recule, brise cet étrange contact, ne ressent plus la tiédeur de son souffle, ni celle de son corps. Son sourcil arqué ne s'abaisse cependant pas face à l'insistance des propos qui lui sont soutenus – des réparties odieuses se pressent alors contre la barrière de ses lèvres fermées mais elle les retient patiemment les unes après les autres, les enlace et les éloigne loin de toute lumière. Elle se tend, sur la défensive, sous le joug d'une colère passive plus qu'offensive. C'est léger, distant, certainement vite oublié ; mais peut-être ne peut-elle pas tout oublier, peut-être que les cicatrices qui marquent ses bras et sa nuque ne peuvent être perçus que par elle ; mais ça brûle dans sa chair, ça s'enflamme et ça hurle. Elle vendrait son âme au moins offrant pour être capable de ne pas se tendre sous le regard de Galel, pétillant comme un verre de champagne, ou sous le contact de ses doigts en un geste correctement déployé, mais mal perçu. Une voix s'élève dans son crâne, et ça tourbillonne, ça lui fait mal au cœur – peut-être comprendrait-il son geste si elle lui expliquait seulement les raisons qui la poussent à agir de la sort. Elle se tend, se débat, recule. Rien de tout ça n'est normal, rien n'est vraiment satisfaisant, mais la vérité l'est encore moins. « Galel, arrête-toi là, c'était un accident et ça ne se reproduira pas. » rétorque-t-elle plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu, le défiant visiblement de lui faire dire le contraire. Ça ne se reproduira pas, parce qu'elle sait qu'elle va devoir gravir des montagnes avant qu'il ne la touche de nouveau ; cette petite chance qu'elle voulait tant, cet éclat d'espoir romanesque qui faisait galoper ses nombreuses rêveries, a été comprimée entre ses propres mains dès que son poing a heurté sa cible. Ou peut-être bien que les tendres chimères ont été essoufflées dès le premier geste d'effroi. Acanthe se plaît à penser que, dans un autre monde, la situation aurait été différente – plus spontanée, moins saccadée, dardée d'une passion équivoque. Dans un autre monde, elle n'aurait pas eu à souffrir ou à capturer toutes les responsabilités possibles pour se sentir vivante. Galel aurait été là aussi, il aurait été là, et tout aurait été plus simple. Le retour à la réalité est brutal, virulent, destructeur ; c'est son bagage qui pèse, du matin au soir, dans la moindre de ses interactions avec son ami, et elle doit faire avec. Lui, lui n'a pas à supporter ça. « Tu ne risques rien. Ou bien doit-on faire un nouvel essai pour t'en convaincre ? Disons, j'te tourne le dos de nouveau, tu me tapotes l'épaule et je t'accueille dans mon sillage avec ma ferveur habituelle ? Si tu me laisses deux secondes supplémentaires, je pourrais même être capable de dégainer un second mouchoir pour sécher tes larmes de joie. » débite-t-elle en un souffle, son visage se fendant d'un petit sourire ; petit, certes, mais sincère. Presque taquin. Puis le sérieux reprend le dessus, la culpabilité plombe cette tentative désespérée de détendre l'atmosphère involontairement froissée. « Je suis désolée. » ajoute-t-elle bien inutilement ; ses yeux parlent pour elle, et elle sait que Galel a déjà pris le parti de lui pardonner. Mais elle répète, elle débite, elle veut le voir arrêter de sourire pour lui dire que ce n'est rien, qu'il y a pire, qu'elle ne se traîne aucun putain de problème. Son approbation arbore les traits d'un besoin viscéral.
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(galel), breath in, breath out.

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