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what were you thinking (alderan)

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water nation
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water nation
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‹ STATUT : célibataire, elle est trop occupée avec la résistance pour avoir le temps d'y penser.
‹ SANG : argent, noble. descendante osanos, elle n'est pas héritière mais fait partie de la fratrie osanos originelle.
‹ METIER : osanos en fuite, elle a été destituée de son poste d'ambassadrice de la nation de l'eau au gouvernement mais elle est avant tout bras droit dans la résistance aux côtés de son frère. atalante met un point d'honneur à aller sur le terrain et porter main forte aux soldats de la résistance.
‹ ALLEGEANCE : à elle, à sa famille, à la résistance. à la justice.
‹ ADIUTOR : galel valandir est son adiutor après des débuts difficiles.
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MessageSujet: what were you thinking (alderan) Lun 12 Juin - 23:28

alderan & atalante
(by anaëlle)

Ils avaient évité le désastre de peu. Depuis l'assassinat d'Aymeric et le décret contre les maîtres de l'eau -plus particulièrement les Osanos-, Atalante ne se cachait plus. Son allégeance à la résistance, sa présence parmi ses rangs et surtout son importance n'étaient un secret pour personne à présent. Pas même la couronne. Sa tête avait gagné en pièces d'or lorsqu'ils avaient appris que l'ancienne ambassadrice de la nation de l'eau était le bras droit de la résistance, faisant d'elle une cible de choix pour n'importe quel chasseur de prix. Atalante avait donc rejoint son frère dans les cibles prioritaires de la couronne, se hissant naturellement à ses côtés dans les têtes les plus recherchées du royaume. Ça ne l'avait pas freiné, pourtant. Au contraire, jeter son masque de fer qui lui avait jusqu'ici servi à aller sur le terrain en toute discrétion l'avait libérée d'un poids. Plus déterminée que jamais à renverser les Oshuns, à leur faire payer leur dictature. Et la mort de son neveu.

La vengeance prenait de plus en plus de place dans sa quête pour la justice. Atalante le savait, le sentait au fond d'elle et le voyait lorsqu'elle utilisait ses pouvoirs : ceux-ci avaient gagné en puissance et étaient devenus plus complexes à utiliser, l'obligeant à se concentrer d'avantage pour en garder la maîtrise. Chaque fois qu'elle les utilisait, elle se sentait plus fatiguée, plus drainée de son énergie qu'auparavant et tentait de remédier à cela en méditant souvent loin des regards. A défaut des lacs souterrains du palais où elle ne pouvait plus aller, ou des côtes du royaume trop éloignées pour qu'elle y aille plusieurs fois par semaine, Atalante méditait souvent aux bords du lac près de la capitale. Toujours cachée, fuyant les regards indiscrets. Mais l'heure n'était pas à la méditation, cela viendrait plus tard pour panser son esprit. Il fallait d'abord se soigner elle, son corps, d'une mission simple qui avait vite tourné à l'affrontement. Le but n'avait pourtant pas été compliqué : une simple mission qui permettrait à la résistance de récupérer des armes en s'alliant avec un marchand de Dryang. Il avait exprimé le souhait de se joindre à la résistance à la bonne oreille, l'espion ayant ensuite relayé l'information. Un marché avait été conclut et attendait d'être signé par un représentant des Osanos : c'est naturellement qu'on envoya Atalante, bras droit de Johann qui était trop occupé pour faire le voyage. Elle avait pris deux hommes avec elle et était partie. Confiante en ses hommes et en elle-même, méfiante envers le marchand : il le fallait, c'était un défaut mais surtout une qualité pour la résistante qu'elle était. Et la brune avait bien fait de se méfier de cet homme et de cet arrangement trop vite trouvé. À peine entrés chez lui qu'ils se retrouvèrent entourés de partisans à la couronne armés jusqu'aux dents : ils avaient voulu leur tendre un piège et faire justice eux-mêmes et cela avait été une mauvaise idée. Pour eux. Atalante eut vite fait de les maîtriser épaulée par ses hommes mais dans l'affrontement l'un d'eux réussi à lui enfoncer une flèche dans l'épaule droite tandis qu'un autre lui écorcha le bras gauche. Comme toujours, on avait visé ses bras comme il était logique de faire lorsqu'on se retrouvait nez à nez avec un maître de l'eau que l'on voulait soit tuer, soit capturer ce qui dans son cas s'avérait aussi létal. La douleur l'avait poussée dans ses retranchements, accroissant le potentiel destructeur de ses pouvoirs en l'empêchant de correctement maîtriser ses émotions. Malgré tout, ses hommes s'en étaient sortis à peu près sains et saufs et avant de retrouver les catacombes rassurantes de la ville ils avaient récupéré autant d'armes que possible pour la résistance. Le pire avait été évité de justesse et ils n'étaient pas rentrés les mains vides, il fallait le voir ainsi. Une petite victoire en elle-même.

Cependant, son esprit n'était pas tourné vers le fiasco qu'avait été cette mission de routine alors que les infirmières s'affairaient autour d'elle. A leur retour, ses hommes étaient partis se faire soigner de leur côté et avaient laissé la résistante seule avec les infirmières qui s'étaient pratiquement jetées sur elle. On lui avait retiré la flèche puis on avait nettoyé ses plaies sans qu'elle ne dise un mot, grognant ça et là sous la douleur. Non. L'esprit d'Atalante était tout tourné vers l'absence d'une silhouette qui se faisait bien trop longue à son goût. Celle d'Alderan pour être plus précis. Le pêcheur n'avait pas foulé le sol des catacombes depuis des jours, elle en était certaine pour avoir briefé ses hommes de la mettre au courant dès que le maître de l'eau apparaissait. Elle était ainsi généralement la première au courant de cette manière. Son regard d'un brun profond sillonnait la pièce silencieusement alors que son esprit, lui, bouillonnait d'inquiétude. Elle ne le montrait jamais, seul Ren semblait pouvoir lire en elle comme dans un livre ouvert et le blond n'était pas là pour la rassurer sur l'absence abusive de leur ami. Une infirmière s'approcha trop près de son entaille au bras, lui arrachant un gémissement de douleur alors qu'elle lui bandait doucement ce dernier. "Désolée." s'excusa-t-elle immédiatement de rendre la tâche plus difficile à l'infirmière qui secoua la tête dans un sourire. "Ce n'est rien Madame." lui répondit-elle poliment. Puis, enfin, celui qu'elle avait attendu depuis trop longtemps franchi la porte de l'infirmerie et Atalante ne lui laissa pas le temps de la héler en premier. La surprise de le voir laissa immédiatement place à la colère, qui camoufla savamment le soulagement intense qu'elle éprouvait de le voir sain et sauf après des jours de silence. Elle se leva sous les protestations timides des infirmières derrière elle qui n'avaient pas terminé de lui bander l'épaule et se dirigea vers le marin qu'elle fusillait déjà du regard. "Où étais-tu passé ?" lui demanda-t-elle clairement fâchée, même si l'expression sur son visage trahissait l'inquiétude qui l'avait habitée ces derniers jours et la soulagement qui la frappait à l'instant. "Ça fait des jours Alderan..." sa voix est las, cette fois. Bien qu'énervée, Atalante était aussi fatiguée de la mission dont elle sortait quelques minutes plus tôt. Elle veut passer une main sur son propre visage mais son épaule la lance, d'abord, puis son bras gauche à son tour quand elle tente de son autre main en vain. "J'étais malade d'inquiétude.", enfin, dans un soupir exaspéré. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'elle lui disait de ne pas partir sans la prévenir, ou de donner des nouvelles lorsqu'il s'absentait si longtemps. Le décret le touchait lui aussi, et après avoir perdu sa chaire, elle n'était pas prête à perdre une des personnes dont elle était le plus proche.
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MessageSujet: Re: what were you thinking (alderan) Jeu 15 Juin - 13:09

Il boitait. Sa grande carcasse claudiquait dans les rues de Launondie tandis qu'Alderan longeait les murs, le souffle court. Pas serein, l'Aguarinuien ne traînait pas et se dirigeait aussi prestement qu'il le pouvait vers Jhiu N'Guri, où les soldats de la garde impériale ne s'aventuraient jamais très loin. Ces quartiers, d'une pauvreté extrême, fendaient le cœur du maître de l'eau qui se faisait néanmoins tout aussi discret dans ce quartier malfamé de la capitale. Sa jambe droite le faisait toujours autant souffrir, mais morbleu, il ne s'arrêterait pas avant d'avoir rejoint les catacombes. Launondie, même dans ses coins les plus reculés et les plus repoussants, restait un territoire ennemi et grouillait d'espions prêts à faire la peau à quiconque se révélait être un opposant de l'empire. Alderan, qui cumulait à la fois le statut de maître de l'eau et de résistant, ne ferait donc pas de vieux os s'il rêvassait plus longtemps. Camouflant son visage derrière les pans de ses habits locaux chipés à un marchand peu attentif, il continua son chemin, payant grassement le prix de sa vie aux membres d'un gang bien connu pour trancher la gorge à toute personne refusant de monnayer le passage d'un certain nombre de venelles ; sorte de taxe barbare et surtout très territoriale. Jhiu N'Guri  recelait autant d'assassins que de voleurs ou de violeurs, mais si beaucoup de choses séparaient Alderan de ces gens, en revanche, tous ici cultivaient la même haine : celle des Oshun. Une bataille de gagnée, dans un sens, mais il y en avait tant à venir que crier victoire n'était absolument pas permis. Alderan sentit son cœur  se délester d'un poids en quittant petit à petit la ville, laissant ses pas le guider sans réfléchir à cette vieille maison insalubre que chaque membre de la résistance connaissait. L'endroit, qui semblait abandonné, était la cachette idéale. Veillant à ne pas avoir été suivi, Alderan poussa la porte de la baraque. Grehifin. Enfin. Une appréhension s'empara de lui, comme à chaque fois qu'il descendait dans ces catacombes. Le peu d'espace dont il allait disposer serait une piqure de rappel amère pour l'orphelin qu'il était, et sa claustrophobie, née de cette nuit durant laquelle père et mère avaient péri, le déchirerait entre une peur insoutenable et son désir de vengeance. La colère n'était jamais apparente chez Alderan, qui avait très tôt appris à ne pas se laisser emporter par ses émotions afin de garder la maîtrise sur son élément. Mais la colère demeurait toutefois présente, simplement latente, à l'image du plus ancien des volcans, attendant l'heure H, le moment propice pour éclater. La première marche qu'il descendit déclencha le réveil fulgurant de sa douleur à sa jambe droite. Krane jura entre ses dents, tout en progressant. Il était vrai que cette mission aurait pu se dérouler dans de meilleures conditions. Un énième lieu à explorer rapporté par ses éclaireurs, aux alentours de Dryang. Un endroit qui aurait pu s'avérer être une planque parfaite s'il n'avait pas été truffé de contrebandiers plutôt mécontents de voir leur transaction surprise par un inconnu. En plein territoire de la nation du feu, il était bien évidemment hors de question pour lui de faire appel à son pouvoir et d'ainsi se dévoiler. Les maîtres de l'eau étaient rapidement devenus les priorités absolues des chasseurs de primes, et Alderan n'était pas tellement heureux d'imaginer la sienne finir dans une galerie de trophées, langue pendante et yeux exorbités. Il avait donc tout bonnement pris ses jambes à son cou, après une courte mais intense lutte avec un natif du feu assez déterminé à l'occire. Dans son duel, et surtout dans sa fuite, Alderan était mal retombé et il s'en était fallu de peu pour que son assaillant ne lui mette pas la main dessus. Tout en continuant sa descente dans les catacombes, Alderan abandonna son déguisement, le rangeant soigneusement dans sa gibecière. La température se faisait plus fraîche à mesure qu'il s'enfonçait sous terre, mais qu'à cela ne tienne ; cela faisait des semaines qu'il supportait ce soleil et cette chaleur infernale ; le froid d'Aguarinui lui manquait terriblement.

Alderan salua les résistants qu'il croisait, tout en se rendant bien à contrecœur l'infirmerie. Sa fierté lui criait d'aller se reposer dans son coin et de soigner sa jambe par ses propres moyens, tel un animal sauvage, mais sa raison avait guidé ses pas vers les guérisseurs de la résistance qui s'étaient toujours montrés d'une efficacité redoutables à chacune de ses venues en quête de soin ; elles étaient d'ailleurs bien plus nombreuses qu'il ne voulait l'admettre. Une infirmière le prit en charge et ils discutèrent dans le plus grand calme. Le simple fait de s'asseoir et de rester immobile avait prodigué au maître de l'eau un bonheur d'une douceur infinie. Il n'avait que très peu dormi ces derniers temps, favorisant les voyages de nuit pour ne pas souffrir de la chaleur. S'il était devenu plutôt résistant à la fatigue au fil des années, il n'était malgré tout qu'un homme, fait d'autant de faiblesses que de forces. Du repos lui ferait du bien, le plus grand bien, même. Il s'enquérait auprès de l'infirmière des résistants arrivés avant lui, et lorsque la jeune femme mentionna le nom d'Atalante, Alderan se leva. Elle eut beau contester, elle ne put l'empêcher de claudiquer d'un bout à l'autre de l'infirmerie, jusqu'à enfin trouver, dans une petite pièce isolée, le bras-droit de la résistance encerclé par une armée d'infirmières. Un grand sourire illumina les lèvres du colosse qui avança vers son amie d'enfance. Celle-ci s'était levée d'un bond à son arrivée, et à en juger les éclairs qui dansaient dans son regard de jais, elle lui en voulait. Où étais-tu passé ? Feula-t-elle sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit. Il exagérait sans doute un peu, mais il ne pouvait s'empêcher de sourire lorsqu'elle s'adressait à lui sur ce ton ; ne jamais mettre en doute la capacité d'une femme à vous vouloir. Cela, Alderan l'avait appris et ce à de nombreuses reprises auprès d'Atalante. « Je vais bien, merci, » dramatisa-t-il, fidèle à lui-même. Ça fait des jours Alderan... Son sourire disparut en observant Atalante peiner à lever les bras, et, concerné, le colosse se permit un petit geste affectueux envers l'Osanos, caressant avec innocence la joue de la jeune femme du bout du pouce. J'étais malade d'inquiétude. « Eh, eh, » dit-il doucement, comme pour calmer ses ardeurs. Il baissa rapidement sa main. « Je suis là, c'est ce qui compte, non ? J'ai voulu t'envoyer des nouvelles, tu sais, mais j'ai rencontré quelques difficultés à Dryang, et je n'ai pas voulu prendre de risques après ça. Enfin... tu me comprends. » Car prendre des risques, il ne faisait que ça. Prendre des risques était devenu son quotidien depuis qu'il avait rejoint la résistance, tout gamin qu'il était. Elle détestait son côté tête brûlée, et lui n'aimait sans doute que trop attirer son attention. Il l'observa attentivement, remarquant les bandages, un air grave peignant inhabituellement ses traits. « Que t'est-il arrivé ? »
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MessageSujet: Re: what were you thinking (alderan) Ven 16 Juin - 21:01

alderan & atalante
(by anaëlle)

La chaleur de sa peau contre la sienne était de celles réconfortantes. De celles auxquelles on aspire les nuits d'hiver et les matins d'été : et la douceur de son geste en aurait fait pâlir certaines. Pourtant Atalante ne broncha pas lorsqu'il lui caressa la joue, c'était Alderan et ces gestes affectueux elle les pensait acquis et naturels. Comme faisant innocemment partis de leur relation et la manière avec laquelle ils se comportaient l'un avec l'autre. Venant d'un autre homme, la belle aurait surement pesté et envoyé l'intrus baladé d'un coup bien placé suivi d'un regard noir. Elle n'était pas une femme qu'on pouvait librement tenter de séduire. Atalante avait non seulement un nom qui portait au respect et à la distance, mais également un rang qui lui imposait de faire en sorte qu'on la prenne au sérieux et qu'on lui obéisse. Alors rares étaient ceux qui s'aventuraient dans sa zone de comfort ou qui s'introduisaient dans son espace vital. Alderan, lui, avait réussi avec le temps à avoir un laisser-passer et chaque jour il gagnait du terrain. Sans qu'elle ne s'en rende compte, Atalante fermait les yeux sur bien des choses, trop occupée à garder l'esprit ouvert et vif. Toujours tournée vers son but principal et sa raison de vivre : la résistance. « Je suis là, c'est ce qui compte, non ? J'ai voulu t'envoyer des nouvelles, tu sais, mais j'ai rencontré quelques difficultés à Dryang, et je n'ai pas voulu prendre de risques après ça. Enfin... tu me comprends. » Elle leva presque les yeux en l'air lorsqu'il lui assura avoir voulu lui envoyer des nouvelles mais elle se ravisa lorsqu'il évoqua Dryang. Familière avec l'endroit, elle avait elle-même fait les frais de quelques difficultés. Sincèrement, Atalante était certaine qu'au fond, il prenait un malin plaisir à la faire tourner en bourrique et l'imaginer faire les cent pas en son absence devait bien le faire rire. Cependant, ça ne l'amusait plus à l'amazone. Plus maintenant que son neveu avait été froidement assassiné et que la vie de tous les maîtres de l'eau était en danger. Si avant, elle se contentait d'un regard noir et de quelques piques, à présent tout devenait plus sérieux. Ses craintes qui autrefois n'étaient qu'une formalité banale -à trop crier au loup- devenaient réalité. Et l'angoisse maintenant avait un goût amer. Car tout pouvait arriver et plus que jamais être un maître de l'eau était dangereux une fois les murs des catacombes dépassés. Par le passé, Atalante était toujours certaine de le revoir franchir la porte. Ce n'était plus le cas ces temps-ci. Elle soupira, cependant. Car le mal avait été fait et lui faire la morale ne servait à rien, elle ne le savait que trop bien. Alors elle ferma les yeux et soupira, l'ombre d'un sourire soulagé sur ses lèvres. "Oui, oui. Très bien." puis elle releva les yeux pour croiser ceux d'Alderan, elle le fixa une poignée de seconde sans rien dire, scannant son visage fatigué par la route qu'il avait dû faire. Il avait toujours ce sourire en coin satisfait, d'un air de dire que tout allait bien malgré tout et elle finit par rouler les yeux en l'air. "Je suis contente que tu sois revenu." avoua-t-elle enfin, trop fière pour mieux articuler ou le crier sur tous les toits elle l'avait dit presque dans un murmure en se tournant pour regagner la table d'examen sur laquelle elle était assise auparavant. La douleur lui lançait à nouveau, surtout là où la flèche s'était profondément enfoncée et les infirmières semblaient s'impatienter. « Que t'est-il arrivé ? » Atalante se retourna, presque à hauteur de la table, mais les infirmières n'attendirent pas plus pour l'y tirer et l'obliger à s'assoir. "Laissez-nous terminer s'il vous plait, nous avons d'autres patients à voir..." tenta timidement l'une d'entre elles. Atalante lui lança un sourire, acquiesçant silencieusement d'un signe de tête avant de reporter son attention vers Alderan.

"Un des espions est revenu entre temps avec un possible partenariat à la clef. Un marchand d'armes de Dryang justement." commença-t-elle, laissant les infirmières s'afférer autour d'elle et bander son épaule. Elle grimaça lorsqu'on l'obligea à lever le bras et c'est les mâchoires serrées qu'elle continua. "Il voulait être certain d'avoir à faire à la résistance et a demandé à signer un contrat avec un haut gradé et... ah..." ce n'était pas suffisant, et un infirmier la poussa dans ses retranchements l'arrêtant dans son discours pour pousser son bras en arrière tirant malheureusement sur sa plaie à peine suturée. Le geste forcé lui tira un gémissement plaintif et une grimace qu'elle cacha en baissant la tête. "Par les sept, je n'suis pas insensible faites attention..." grogna-t-elle tout bas au fautif qui pâlit immédiatement en balbutiant des excuses. D'un signe de tête, Atalante lui fit comprendre que ce n'était rien et inspira un grand coup. L'habitude était bien là, mais chaque nouvelle blessure restait douloureuse. Elle repris, après avoir expiré. "Et j'y suis allée. Pour faire court, c'était un piège. Mais tout le monde va bien et nous avons récupéré une certaine quantité d'armes." finit-elle rapidement dans un demi-sourire satisfait qui se voulait rassurant. Tout est bien qui finit bien. Le visage d'Alderan était peint d'un air grave qui dénotant avec sa personnalité généralement enjouée. Ce n'était pas commun de le voir si sérieux et Atalante pouvait lire dans ses yeux une certaine inquiétude amère. "Je vais bien, c'est trois fois rien." mentit-elle tandis qu'on finissait enfin de panser ses plaies. Elle aurait besoin de repos, le temps qu'elles se cicatrisent et irait certainement à nouveau au centre de l'action. Elle était connue pour y trouver toujours sa place, loin de ces dirigeants derrière leurs bureaux ou dans leurs cachettes. Atalante s'était toujours dit qu'au fond, si elle n'avait pas le courage de se battre aux côtés de ses hommes, alors peut-être ne méritait-elle pas leur loyauté. Une phrase que son père lui-même lui avait dit lorsqu'elle était plus jeune et se plaignait de son absence répétée. Depuis, elle avait vécu en suivant ses mots comme une vérité absolue. C'était un homme bien et elle suivait ses traces, soucieuse de vivre suivant les préceptes qu'il lui avait enseigné et desquels son frère ainé s'éloignait, perdu par la haine et le chagrin. Si Johann était le symbole des nouveaux Osanos : fières, hargneux; Atalante était celui des anciens : sages, diplomates, soucieux d'instaurer la paix. Préférant changer de sujet pour apaiser Alderan qu'elle sentait tendu après qu'elle lui ait brièvement raconté ses mésaventures, elle enchaîna sans plus attendre. "Et toi ?" lui demanda-t-elle. "Je suis peut-être celle sur la table d'examen, mais c'est toi qui boitte." , puis elle tapota légèrement sur le cuir de la table, lui faisant signe de s'assoir. "Assis-toi, va." son ton était léger, presque amusé, mais elle cachait derrière son sourire un vrai soucis envers l'état de santé d'Alderan. Elle l'avait déjà vu dans un bien pire état, mais chaque nouvelle fois avait la sensation d'une première et elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour le colosse qu'il était. "J'imagine qu'on peut rayer Dryang de la liste..." dit-elle, laissant ses mots flotter un instant. "Deux attaques en quelques jours, je ne pense pas qu'on devrait insister plus." c'était tout décidé, la ville du feu était bien trop tournée vers la couronne pour accueillir en son sein une branche de la résistance. "Non ?" demanda-t-elle pour finir, en plongeant son regard dans celui du résistant.
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MessageSujet: Re: what were you thinking (alderan) Dim 18 Juin - 2:06

Elle avait cette force presque tranquille, Atalante. Immuable, de ceux exerçant un pouvoir certain sur son prochain. Une autorité dont Alderan souffrait et se délectait à la fois, car s'il était bien évidemment sous les ordres de l'Osanos, il ne se priait absolument pas pour gratter sous cette clôture protocolaire tel un clébard avide de grands espaces, de liberté. Cette clôture, il la franchissait même, parfois. D'un bond. D'un geste. Comme ce pouce qu'il fit glisser sur l'albâtre de la joue de son amie d'enfance. Une caresse toute anodine pour l'éclaireur rodé aux contacts physiques avec la brune, même s'ils restaient tous dans un certain degré d'innocence sans pour autant se départir d'affection. Il était comme ça, Alderan. Toujours taquin, un brin mordant et assurément filou. Parce que ça faisait partie de sa nature, parce qu'il avait toujours en quelque sorte cherché à déjouer les règles, à faire les choses de son propre chef. Il n'avait pourtant pas manqué d'autorité, ce gamin aux grands yeux verts et aux aspects de courant d'air. S'inspirant de son métier d'ancien soldat, son mentor s'était chargé de lui inculquer une discipline quasi militaire, et si Alderan respectait les ordres qu'on lui donnait, il favorisait toujours son instinct et cette malice qui l'avaient guidé jusqu'à présent. Trop tête brûlée pour obéir aveuglément, trop ambitieux pour se fondre dans la masse. C'était ce qui le différenciait d'Atalante, et pourtant, il n'en avait cure. Surtout, il comprenait. Elle avait subi un entraînement plus intensif que n'importe quel membre de la résistance, et si elle gardait la tête haute malgré les bandages et les blessures qui entravaient ses mouvements, c'était parce qu'on lui avait appris la dignité. Il ne pouvait en être autrement, pas avec le nom qu'elle portait, pas avec l'espoir qu'elle faisait naître en tout un chacun. Un espoir auquel Alderan n'était pas insensible. L'espoir était le plus important, l'espoir était le berceau de la résistance, ce à partir de quoi ce mouvement était né. Si Alderan n'avait pas cru très tôt en la résistance, il se serait sans doute égaré dans les méandres d'une colère trop grande et trop noire. Rongé ainsi par la vengeance, il n'aurait pas fait long feu, et il le savait. L'esprit de vengeance demeurait, mais différemment. Alderan croyait en quelque chose se rapprochant d'une justice, d'un jugement final. Que tous les mécréants auraient ce qu'ils méritaient, en fin de compte. Il s'accrochait à cette image avec la ténacité d'une tique s'accrochant à sa parcelle de peau. Même le simple fait de poser son regard sur Atalante ravivait cet éternel optimiste dont il ne se séparait pourtant jamais. Seulement, tous ces bandages... Alderan n'était pas réellement à l'aise de voir son amie abimée ainsi.

Même si la plaidoirie qu'il lui apporta était boiteuse – à son image – elle sembla passer l'éponge. Il savait qu'elle détestait lorsqu'il disparaissait pendant des jours, une telle absence pouvait être interprétée par bien des manières depuis que l'impératrice avait condamné les maîtres de l'eau au statut d'ennemi de l'empire. Mais par les sept, Alderan n'oserait pas mentir à Atalante, et s'il avait pu lui donner des signes, il l'aurait fait. Blessé, il avait avant tout songé à se mettre en sécurité avant de tenter de faire quoi que ce soit d'autre. Je suis contente que tu sois revenu. Sa manière de rouler les yeux, cet aveu murmuré comme en cachette. Alderan élargit ce sempiternel sourire qui ornait ses lippes. « J'espère bien, » la nargua-t-il tandis qu'elle se dirigeait vers la table d'examens, lui tournant le dos. Il ne put s'empêcher de s'enquérir de son état de santé, la question lui jaillit d'entre les lèvres tant l'inquiétude le mordait. L'attitude des infirmières auprès d'Atalante n'était pas pour le rassurer, à la manière dont elles se jetaient sur leur patiente. L'une d'elle intervint dans leur discussion, et Alderan haussa un sourcil prétentieux. Puis, notant le sourire de son amie d'enfance, il soupira : « … Bien sûr. »
Le récit d'Atalante laissa le maître de l'eau perplexe ; d'une part, pour le fait qu'elle et ses hommes soient tombés dans un traquenard, ce qui aurait pu le faire enrager s'il n'avait pas été trop occupé à observer les faits et gestes des guérisseurs autour d'une Atalante peu ravie d'être manipulée dans tous les sens. Il flanqua une de ses phalanges entre ses dents tout en la regardant, la mordillant pour s'empêcher d'intervenir. Si ça n'avait tenu qu'à lui, il aurait fait sortir tous ces gens, mais l'heure n'était pas aux caprices. Elle le rassura toutefois. Je vais bien, c'est trois fois rien. Alderan, qui peinait à rester debout en raison de sa jambe endolorie, fit une moue peu convaincue alors que les infirmières achevaient enfin de panser les plaies de la brune. « Tu mens. Et très mal. » Un sourire pour couronner le tout, car grands dieux, ce sérieux était trop navrant. Et toi ? Il s'apprêtait à se lancer dans le récit de ses récentes aventures lorsqu'elle lui fit remarquer son handicap et l'invita à s'asseoir sur la table d'examen, non sans amusement. Il secoua la tête avec bonhomie, puis, d'un coup, bomba le torse et prit un air faussement outré. « Boiter, moi ? Jamais de la v... » Il fit mine de marcher dans sa direction, mais ne put mener à bien sa pitrerie, la douleur étant trop pénible. « Allez, pousse-toi, » souffla-t-il doucement. Il s'installa à côté d'elle, et le soulagement fut tel qu'il prit quelques secondes pour fermer les yeux et profiter de cette quiétude. Cette guibole serait un problème s'il ne la soignait pas, et tel qu'il était, il n'aurait sans doute pas le choix. Il jeta un regard à Atalante, puis se lança enfin : « Eh bien, un de mes éclaireurs m'a parlé d'une potentielle planque pour nous autres aux alentours de Dryang, et honnêtement, l'endroit aurait été absolument parrrrrfait si je ne m'étais pas retrouvé nez-à-nez avez six contrebandiers fort peu sympathiques qui m'ont en quelque sorte donné la chasse. » Il regardait face à lui tout en parlant, ses yeux allant des gens qui passaient non loin d'eux à ses grolles abîmées et pleines de sable. Un petit quelque chose qui lui rappelait ce besoin vital pour lui de retourner en mer, et pour se retenir d'y penser, le marin braqua ses carreaux sur la frimousse de la jeune femme. Au même moment, celle-ci prenait la parole, et Krane hocha la tête à plusieurs reprises, convaincu. Leurs regards se croisèrent et Alderan sourit, une fois encore. Comme s'il ne pouvait pas s'en empêcher chaque fois que leurs yeux se rencontraient. « Ouais. Ouais, c'est clair. Dryang, on oublie, » rit-il allègrement. Il l'observa quelques secondes dans le plus grand silence, puis baissa la tête. « J'en ai sûrement pour plusieurs jours, ici. Une semaine, peut-être. Voire plus. J'crois que ça peut pas me faire de mal. » Un demi-mensonge, car Alderan savait pertinemment qu'il se lasserait vite de ce temps de repos pourtant ô combien nécessaire à son plein rétablissement. Mais, d'un autre côté, il savait qu'il pourrait passer du temps avec Atalante et également pratiquer son élément maître, chose qu'il n'avait pas pu faire depuis son arrivée en territoire ennemi pour ne pas se dénoncer.
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MessageSujet: Re: what were you thinking (alderan) Dim 18 Juin - 17:22

alderan & atalante
(by anaëlle)

Elle n'avait jamais été bonne menteuse et la manipulation était un art qu'elle ne maîtrisait pas. Atalante n'avait qu'une parole et supportait mal les mensonges ou les trahisons pour en avoir trop souffert par le passé. C'était un avantage mais aussi un défaut. Gagner sa confiance n'était pas aisé et sa méfiance lui permettait de ne pas tomber facilement dans le panneau, mais lorsqu'il s'agissait d'avoir confiance en elle on le faisait les yeux fermés. Ses hommes et collègues au sein de la résistance pouvaient en attester, pas une fois elle ne les avait trompé. Pourtant, une personne de son rang se devait de voir clair en autrui et d'user de tous les moyens pour parvenir au sommet ou se maintenir la tête hors de l'eau. Ses frères, ses neveux et ses nièces l'avaient vite compris. Pas Atalante qui trop fière et trop droite dans ses bottes ne se pliait pas au jeu d'échec qu'était la cour royale ou le gouvernement. Elle y avait évolué des années comme ambassadrice de la nation de l'eau et pas une fois elle n'avait faussement souris ou ne s'était rabaissé au niveau de ceux faisant circuler ragots et rumeurs pouvant faire tomber autrui. Atalante était resté droite, on la disait froide alors mais elle connaissait ses qualités et ses faiblesses. Le mensonge -ou son absence- était les deux à la fois. Elle ne tenta pas de répondre à Alderan lorsqu'il pointa du doigt son échec cuisant : de toute façon, c'était peine perdue. Même si elle avait su faire, il aurait lu en elle avec la même facilité. Ils se connaissaient depuis l'enfance et jamais elle n'avait réussi à le faire tourner en bourrique alors que lui, sans surprise, s'en amusait dès qu'il le pouvait. Dans un soupire, elle secoua simplement la tête le laissant enfin s'approcher de la table d'examen et en profita pour l'observer marcher... Ses sourcils se froncèrent un instant, l'inquiétude se peignant sur son visage : sa jambe devait vraiment lui faire souffrir, pourquoi n'était-il pas allé se faire soigner avant de venir la voir ? Et lorsqu'il prit quelques secondes pour profiter, enfin, de ne pas être en appui dessus, Atalante ne put s'empêcher de se sentir coupable, le coeur serré. Elle aurait dû s'en rendre compte plus rapidement et l'obliger à se reposer au lieu de passer en première entre les mains des infirmières.

S'il ne la regardait pas en parlant, Atalante ne décrochait pas son regard de son visage. Observant chacun de ses traits qu'elle n'avait pas vu depuis des jours et que, parfois, elle avait cru ne plus revoir. La résistante cachait son inquiétude derrière la colère, ou l'air détaché qu'elle prenait parfois en faisant miner de plaisanter. Pourtant, elle avait vraiment été malade d'inquiétude et aurait été prête à envoyer des hommes à sa recherche s'il n'était pas revenu dans les jours qui suivaient, quitte à y aller elle-même. Alderan n'était pas quelqu'un qu'elle pourrait remplacer, elle en était certaine. "Ils ont été plus rapides que nous, visiblement..." fit-elle remarquer en parlant des contrebandiers. Son ton trahissait légèrement sa déception car il fallait se l'avouer, une planque en territoire ennemi aurait été idéal pour frapper vite et fort sans organisation particulièrement complexe. Dryang n'était pas extrêmement loin de la capitale et possédait un grand plan d'eau qui aurait été un avantage pour les maîtres de l'eau. Mais soit, le destin avait choisi pour eux. Son visage qui s'était considérablement assombri au fil de l'histoire que lui racontait Alderan s'adoucit lorsque ce dernier lui lança un énième sourire. Elle avait de la chance, quelque part, d'avoir quelqu'un comme lui parmi ses proches. Il trouvait toujours le moyen de la tirer de ses pensées -sans faire grand chose la majorité du temps- et son rire se joignit au sien une poignée de secondes. Rien ne semblait grave en sa compagnie et c'était un luxe que d'avoir l'impression que tout allait bien. Atalante à cause de son rang dans la résistance était au courant d'absolument tout : des réussites, comme des échecs. Des nouvelles recrues, comme des nombreuses pertes. De l'état du pays qui se désagrégeait, des maîtres de l'eau enfermés, de ceux qui s'en étaient sortis in extremis... C'était une lourde tache d'être bras droit d'un mouvement si important, d'être porteuse de bonnes comme de très mauvaises nouvelles. Pourtant, la tâche semblait plus facile lorsqu'Alderan était là pour lui rappeler qu'elle n'était pas seule et qu'elle pouvait encore rire de tout, et surtout de n'importe quoi. Sa présence était aussi vivifiante qu'une bouffée d'air marin, mais elle ne le lui dirait jamais de peur de gonfler son ego... ou d'en entendre parler encore des années. Elle maintenu son regard, yeux dans les yeux, faisant miroir à son sourire avant qu'il ne baisse la tête. Elle en resta perplexe.  

« J'en ai sûrement pour plusieurs jours, ici. Une semaine, peut-être. Voire plus. J'crois que ça peut pas me faire de mal. » Atalante le senti anxieux et savait pertinemment pourquoi. Elle le connaissait suffisamment bien pour savoir qu'Alderan ne se sentait vraiment bien qu'à l'air libre et plus précisément les pieds sur un bateau. Loin de la terre, loin de la ville. Loin de tout. Elle l'enviait terriblement de vivre si librement. Mais elle comprenait et ne l'empêchait jamais de partir (tant qu'il ne faisait pas le mort durant des jours). La brune connaissait son passé, douloureux, et s'était toujours promis d'être là pour lui. Les endroits clos n'étaient pas fait pour lui, et les catacombes ne dérogeaient pas à la règle. Elle se pinça les lèvres, puis posa doucement sa main sur la sienne. Un geste doux et rassurant qu'il pouvait se vanter d'être un des seuls à connaître venant de la part d'Atalante. "La priorité, maintenant, c'est ta jambe." commença-t-elle en cherchant à attirer son regard tourné vers le sol. Puis dans un demi-rire, "A moins que tu ne veuilles ressembler à ces vieux pirates, la jambe de bois en moins" elle serra un peu sa main, "mais moi je te préfère en bonne santé, hein." puis dans un sourire elle croisa son regard, une dernière pression sur sa main et elle retira la sienne de celle d'Alderan. On oubliait souvent que derrière la combattante, le bras droit de la résistance se trouvait une femme, comme une autre. Bienveillante, affectueuse. Elle détourna ses yeux pour regarder le plafond en pierre, un sourire espiègle en coin des lèvres. "Et puis, on pourra s'entraîner ensemble. Ça fait longtemps que je n'ai pas eu l'occasion de te dominer au combat élémentaire." Elle rabaissa la tête mais ne le regarda que du coin de l'oeil dans un rire avorté. Il lui avait manqué.
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MessageSujet: Re: what were you thinking (alderan) Lun 26 Juin - 17:39

Il était costaud, Alderan, mais ce n'était pas la première fois qu'il se retrouvait dans une situation délicate. Chacune de ses missions à risques se déclinait trop souvent par des blessures plus ou moins graves, la plus grave à ce jour ayant été ce coup de couteau reçu à la cuisse il y a plusieurs années de cela. L'adrénaline du danger faisait oublier au marin les mille et une façon dont il pouvait être blessé ou tué. Et pourtant, la peur de mourir ne lui était pas étrangère, loin de là. Elle était surtout incarnée par Atalante qui le foudroyait du regard chaque fois qu'il lui revenait en petits morceaux. Ce regard plein de reproches, Alderan avait dû le voir des centaines de fois, sinon plus. Il assurait toujours à la jeune femme qu'elle n'avait pas à se faire de mauvais sang pour lui, mais quelque part, il aimait cet intérêt qu'elle lui portait. En revanche, les bandages qui entravaient les mouvements d'Atalante et semblaient lui causer une forte douleur étaient loin de plaire à Krane, qui aurait viré tous ces guérisseurs pour s'occuper lui-même des pansements de son amie d'enfance. C'est que voir ces grimaces sur la frimousse d'Atalante ne l'enchantait guère, et lorsqu'elle lui narra le récit de ses aventures, Alderan se mit à penser qu'il aurait voulu être à ses côtés pour empêcher qu'elle ne se blesse. C'était peut-être idiot et sans doute un peu prétentieux de sa part, mais il s'imaginait capable de la protéger d'absolument tout, et s'en donnait toujours les moyens lorsqu'il en avait l'occasion. Leur amitié lui était aussi précieuse que ce nom qu'elle portait avec fierté.
Elle lui proposa de venir de s'asseoir et il se souvint alors de cette guibolle amochée qui le lançait. Ouais. Ça, ça ne serait pas du gâteau. Il prit place sur la table d'examens, à côté de la brune, trop content de pouvoir soulager sa jambe. Il n'avait pas encore eu le verdict de l'infirmière qui l'avait rapidement examiné quelques instants plus tôt, mais il savait d'ores et déjà qu'il lui faudrait rester tranquille un petit moment. Et ici. Sous terre, entouré de murs de pierre pouvant s'écrouler d'un moment à l'autre. Ah, ces catacombes. Une cachette idéale, ça, il n'en doutait pas. Mais s'il avait eu le choix, il aurait sans doute préféré mille autres endroits à cette planque souterraine. Le claustrophobe en lui frissonnait chaque fois qu'il s'enfonçait dans les dédales de cette nécropole. Une sensation désagréable, comme une boule dans sa poitrine, le harcelait tant qu'il ne remontait pas à la surface. Un comble pour ce colosse qui rien ou presque n'effrayait. C'était alors le règne des crises d'angoisse et des accès de peur panique, Alderan se réveillant en pleine nuit avec le sentiment d'étouffer, en nage. Chaque fois que le natif d'Aguarinui descendaient sous terre, il savait que son séjour s'annonçait compliqué. Le meilleur moyen qu'il avait trouvé de ne pas céder à la terreur était la pratique de son élément maître. Son pouvoir étant intimement lié à son état d'esprit, le colosse se forçait au plus grand des calmes pour pouvoir modeler et manipuler l'eau comme il le souhaitait. La présence d'Atalante, également, était évidemment un grand grand plus pour Alderan.

Le colosse raconta alors à la jeune femme sa mésaventure avec les contrebandiers de Dryang, et le commentaire que l'Osanos laissa tomber avec déception provoqua un hochement de tête chez Alderan. « Ouais, » acquiesça-t-il sur le même ton. « Y'a plus qu'à continuer à chercher. » Il lui adressa un petit sourire plein de cet indécrottable optimisme dont il ne se séparait jamais. Par les temps qui couraient, un sourire pouvait illuminer une journée, et si Alderan pouvait illuminer celle d'Atalante... Il partagea avec elle son ressenti concernant sa jambe et le temps qu'il lui faudrait pour se reposer avant de repartir, et sans doute qu'il ressentit l'anxiété dans sa voix à mesure qu'il s'exprimait. Elle posa sa main sur la sienne, et Alderan, qui regardait devant lui, braqua ses prunelles sur la brune. La priorité, maintenant, c'est ta jambe. Alderan la regard dans les yeux avec une expression curieuse, tandis qu'elle ajoutait une chose qui lui arracha un grand éclat de rire. Comme elle resserrait sa prise, il jeta un coup d'oeil à leur main enlacées, puis répliqua en retournant à ses yeux : « Moi aussi... » Une réponse à double-sens qui prit toute son ampleur lorsque les yeux du marin se perdirent sur les bandages de son amie. Atalante, elle, retira sa main et détourna le regard alors que cette fois, c'était Alderan qui restait à l'observer en silence. Et puis, on pourra s'entraîner ensemble. Ça fait longtemps que je n'ai pas eu l'occasion de te dominer au combat élémentaire. Ce sourire espiègle qui ornait à présent ces lèvres, Alderan l'adorait. Une lueur malicieuse se glissa dans ses yeux verts tandis qu'il répondait : « Toujours partante pour une revanche, hum ? » Il se pencha sur le côté jusqu'à ce que son épaule rencontre la sienne en douceur, puis ajouta : « J'essaierai de te laisser une chance, cette fois. » Un clin d'œil pour la route, et il détachait sa gourde de sa ceinture pour boire une longueur gorgée d'eau. Après quoi, il proposa la gourde à Atalante dans une geste empreint de normalité. Puis, il déclara, concerné : « Tu sais, Ata, tu devrais faire attention. Ils attendent que ça... » Il avait réellement du mal à détacher son regard des bandages d'Atalante, et aussi se permit-il de lui faire part de son inquiétude concernant son état de santé.
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MessageSujet: Re: what were you thinking (alderan) Lun 26 Juin - 22:16

alderan & atalante
(by anaëlle)

Dans son malheur, Atalante avait de la chance. Enfance volée par la guerre, famille déchirée par la résistance, ses proches encore en vie étaient rares mais précieux. Alderan en faisait naturellement partie, pierre immuable parmi les ruines qui composaient maintenant sa vie. Elle n’avait plus de mère, plus de père, plus de travail, plus de toit. Quant à son futur, il était incertain. Voilé par un linceul qu’elle étendrait peut-être elle-même. Tout ce qu’il lui restait était la résistance, sa famille, Ren. Alderan. Et cette envie poignante d’établir une justice dont le manque l’avait toujours rongée. Si auparavant les maîtres de l’eau étaient assimilés à de calmes rivières dont le courant, tranquille, berçait les terres d’Aksana, à présent c’était une autre histoire. Son frère, Johann, était une tempête, un ouragan de rage et de détermination. Sa nièce, Diana, était le typhon qui ravagerait un jour terre et mer. Lula était aussi instable que les rapides qui naissaient à la base des chutes d’eau.

Quant à elle, Atalante était tout simplement l’océan.

Cette étendue d’eau calme et captivante mais qui pouvait se montrer aussi impardonnable qu’imprévisible. Cette force tranquille, dont la puissance des flots pouvait créer d’effroyables falaises comme de longues et apaisantes plages de sable fin qu’elle-même venait de broyer. Mais qui se contentait par beau temps de luire sous un soleil ardent de milles et un diamants. Réflexion de ces rayons brûlants qu’elle faisait sien dans un silence seulement dérangé par le fracas des vagues sur les rivages. Un chuchotement las, un murmure répétitif.

Malgré tout, donc, Atalante résistait à l’appel des vagues et des rouleaux. Par tout temps, elle restait calme, agitée seulement en son sein dans les profondeurs de son élément. Tout comme l’océan, sa force était tranquille. Contrairement au reste de sa famille dépassé par la mort d’Aymeric, Atalante gardait bonne figure. Immuable océan, à la surface elle était calme. Ses courants chaotiques restaient cachés en abîme, bien loin des regards indiscrets. Elle devait se montrer à la hauteur de son titre, de son nom et de la résistance. Le temps des lamentations et du deuil viendrait plus tard, et seuls les sept savaient exactement le nombre de personnes qu’elle devrait, à ce moment là, enterrer et quitter. Sa famille et ses proches seront à ses côtés, Alderan aussi. Mais ce temps était lointain et les fantômes de la guerre viendraient la hanter lorsque celle-ci aura pris fin. Atalante ne se laissait pas abattre. Son élément avait la particularité de soigner ses maux et elle y puisait sa force, désireuse d’avancer et de garder tête et esprit haut. Les épreuves, les combats, les blessures et les pertes s’ajoutaient les uns aux autres dans un flot constant qu’elle avait appris à accepter, incapable de sauver et préserver toute vie. Sa vie n’était pas enviable, pourtant elle conservait cette force et cette détermination qui lui étaient  propres. Son sourire au fil du temps était devenu plus rare mais persévérait à venir éclairer son visage avec la même sincérité qu’autrefois, précieuse capacité que d’être encore capable de voir le monde sous son plus beau jour. Alderan quant à lui, possédait étrangement la recette pour cultiver le rire qui s’échappa d’entre ses lèvres, se mêlant au sien plus grave. Savantes mélodies. « Toujours partante pour une revanche, hum ? » lui demanda-t-il, l’espièglerie du monde entier dans sa voix. Elle ne se rappelait pas avoir perdu leur dernière joute amicale, mais celle-ci datait d’il y a si longtemps qu’elle lui confia le bénéfice du doute dans un énième sourire et un regard du coin de l’oeil lourd de sens. Méfies toi Krane, semblait-t-elle lui dire dans le silence le plus complet, amusée, leurs pupilles entrelacées. Son épaule effleura la sienne, meurtrie et bandée, avec toute la douceur dont il était capable. A vue de nez, on imaginait mal le colosse pouvoir être aussi doux. Pourtant, Atalante était bien placée pour le savoir. Alderan pouvait avoir l’air imposant et menaçant lorsqu’il le désirait mais elle le connaissait suffisamment pour savoir que ce n’était qu’un masque dont il se parait. « J’essaierais de te laisser une chance cette fois. » continua-t-il en accompagnant ses mots d’un clin d’oeil insolant auquel elle répondit par un rire surpris, faussement heurtée par cet élan d’égo. « Comme si j’en avais besoin ! » s’offusqua-t-elle, rentrant dans son jeu. « On règlera ça sur le terrain, Krane. » dit-elle pleine de volonté, utilisant son nom de famille pour souligner la gravité de leur prochain entraînement, une pointe d’espièglerie dans sa voix.

Puis elle laissa le silence conclure leur combat de coq, le sourire qu’Alderan avait réussi à faire naître sur ses lèvres se dissipant peut à peu. L’infirmerie ne battait pas son plein ce jour là et les gens qu’elle voyait s’afférer autour des blessés n’avaient pas beaucoup de travail. Personne n’agonisait et c’était quelque chose de bien. La résistante avait vu ces lieux se changer en l’antre des enfers de nombreuses fois, les portes comme un ticket pour l’au-delà. Mais ce n’était pas un de ces jours et son visage s’adoucit doucement. Alderan était revenu, c’était le principal, la bonne nouvelle qu’elle avait longuement attendu. Perdue dans ses pensées, elle sursauta légèrement lorsque la main d’Alderan entra dans son champ de vision soudainement, une gourde entre ses doigts. Sans plus réfléchir, elle l’attrapa et y prit quelques gorgées. Ils avaient partagé bien des choses et tout leur paraissait normal à présent. Pourtant, d’un point de vu extérieur on s’accordait à dire que leur relation n’avait rien de l’innocence qu’ils pensaient peignait celle-ci. Avant de refermer la gourde, Atalante prit la liberté d’en extraire un peu d’eau en faisant lentement danser ses doigts. Celle-ci s’exécuta, répondant sans plus de cérémonie à son maître. Puis elle referma la gourde d’une main et la déposa entre elle et Alderan, ailleurs. Sa maîtrise de l’élément était suffisamment poussée pour ne pas avoir à faire de gestes amples et encombrants, un simple coup de poignet pouvait suffire. Ici, la masse d’eau était si moindre qu’il ne lui fallait que mouvoir ses doigts pour parvenir à en faire ce qu’elle voulait. Une boule se forma rapidement qu’elle faisait danser entre ses phalanges, distraite. « Tu sais, Ata, tu devrais faire attention. Ils attendant que ça… » Alderan lui était cher, si bien que le voir s’inquiéter pour elle l’attristait. Si elle appréciait le voir éternellement souriant (et supportait ses plaisanteries), c’était aussi parce qu’elle le savait heureux et que là était le plus important à ses yeux. Qu’il en vienne à formuler son angoisse quant à sa vie la peinait plus qu’elle ne pouvait l’admettre, Atalante le vivait presque comme un échec dont elle était coupable. Elle soupira dans un sourire chaleureux et rassurant avant de tourner la tête vers lui, les doigts s’agitant toujours autour de la bulle d’eau dont elle ne perdait pas le contrôle. D’une main, elle agrippa son épaule et la serra tendrement, tout en tentant de le raisonner. « Je sais. Et je vais bien, ne t’en fais pas. Ils ne m’auront pas. » essaya-t-elle, bien qu’incertaine quant à la véracité de ses propos. Son futur lui était toujours hors de porté, perdu dans un flou total provoqué par le train de vie dangereux qu’elle menait. Elle laissa tomber sa main sur le cuir du lit d’examen, à côté de la gourde. Atalante avait secrètement depuis longtemps accepté que son destin ne la mène qu’à la mort et qu’elle finisse, un jour, par tomber au combat comme bien d’autres. C’était une probabilité grandissante aux côtés de laquelle elle avait finit par apprendre à vivre. Une réalité qui ne plaisait pas à ses proches. Encore moins à Alderan, visiblement. « Tu ne devrais pas t’inquiéter pour moi, tu sais. » avoua-t-elle enfin, son regard figé devant elle. « Je m’en sors toujours, tu le sais. » mais pour combien de temps encore, elle ne le savait pas. Atalante n’avait pas encore frôlé la mort, elle avait la chance de danser avec cette dernière depuis des années sans jamais trop s’en approcher mais elle savait qu’un jour elle finirait par trébucher. Ses blessures restaient superficielles, mais rien n’était éternel. Sentant qu’elle était entrain de faillir dans sa tentative de rassurer Adleran, elle préféra changer de sujet dans l’espoir de diriger les pensées du colosse vers autre chose que son futur. « La prochaine fois que tu vas en mer, tu m’emmènes ? » demanda-t-elle innocemment. Les occasions étaient rares, mais avec le festival d’été dans quelques jours elle avait l’impression que les choses se calmaient. Pour un temps seulement. Mais elle pourrait peut-être profiter de quelques jours loin des catacombes, cela ne lui ferait pas de mal.

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‹ STATUT : Épris de l'océan, la liberté des embruns, la fougue des vagues.
‹ SANG : Bronze, né de rien, tend pourtant à s'élever tout ambitieux qu'il est.
‹ METIER : Partagé entre les flots qu'il sillonne en tant que pêcheur et la terre qu'il parcourt en défenseur de juste cause.
‹ ALLEGEANCE : Les Osanos et la résistance qu'il sert au péril de sa vie en tant qu'officier des éclaireurs.
‹ ADIUTOR : Pied de nez fait à l'académie boycottée, nul ne le sert sinon comme matelot à bord de l'Othenor.
‹ POINTS : 869

MessageSujet: Re: what were you thinking (alderan) Mer 12 Juil - 2:38

Alderan ne parvenait pas à faire disparaître ce sourire idiot de son visage lorsqu'il posait son regard sur Atalante. Si certains signes ne trompaient pas, le colosse était pourtant bien loin de se rendre compte de la paix et du bonheur que la seule présence d'Atalante lui apportait. Elle était à ses côtés, et ce moment était un oasis dans le désert de sa vie, mais Alderan ne pensait qu'à repartir en mission. Il ne songeait qu'à l'avancée de la résistance en terrain ennemi, à cette vengeance qu'il obtiendrait coûte que coûte, pour lui, pour ses parents, et qui obscurcissait son cœur quand son optimisme légendaire disparaissait. Un esprit vengeur qu'il avait apprivoisé en grandissant, qui avait fait de lui un marmot assez colérique, assez téméraire. Toujours dans les sales coups. On ne devenait pas une crapule du jour au lendemain. La colère, dans son histoire personnelle, l'avait surtout aidé à survivre, en autres choses. Elle lui avait permis d'aller d'épreuves en épreuves, jusqu'à la maquiller tant et si bien qu'aujourd'hui, elle semblait avoir totalement disparu. Mais elle était là. Bien là. Bien cachée, bien enfouie sous chair, muscles et os. Bien ancrée dans la volonté du marin, qui avait appris à agir avec sa tête et non avec cette colère destructrice. Il n'aurait pas voulu se retrouver esclave de sa fureur, car sans doute n'aurait-il pas été bien loin dans tout ce qu'il aurait entrepris. Cette colère était une arme qu'il n'utilisait qu'à bon escient. Aussi, il préférait largement ce semblant d'insouciance qu'il incarnait. On règlera ça sur le terrain, Krane. Alderan adressa à son amie d'enfance un regard plein d'espièglerie. La maîtrise de leur élément demandait autant de self control que de paix intérieure, et Krane avait été à bonne école. Pas la régulière, toutefois. Koldoveretz, très peu pour lui, même si à l'époque, Alderan, du haut de ses douze ans, n'avait pas réellement eu son mot à dire. Son mentor l'avait pris sous son aile, et lui avait inculqué tout son savoir d'ancien soldat. Avec du recul, Krane remerciait encore ce père d'adoption de lui avoir épargné la peine de se retrouver avec un adiutor. Il savait, pour avoir observé Atalante et Galel, ô combien se retrouver lié à un inconnu pouvait être contraignant, et dégradant pour les mêlés.

Désaltéré, Alderan n'eut qu'à saisir l'outre attachée à sa ceinture pour rectifier le tir. Il but de longues gorgées, avant de proposer la gourde à Atalante. Un geste tout familier pour le marin, qui partageait tout – ou presque – avec la brune. Il ne se déplaçait jamais sans un peu d'eau sur lui, Alderan, par pure précaution. Autant pour pouvoir supporter la chaleur exécrable de Launondie que pour pouvoir se défendre en cas d'attaque, si jamais ses poings ne suffisaient plus ou que ses jambes ne pouvaient l'emmener plus loin. Il avait énormément marché jusqu'à présent, et cela, sa jambe blessée l'avait bien senti. Pourtant, Alderan ne pensait pas à sa jambe. Il ne voyait que les bandages sur le corps de son amie d'enfance et cela l'inquiétait. Oh, il savait qu'Atalante était forte, qu'elle s'en remettrait. Qu'elle repartirait vers le danger quoi qu'il advienne, et c'était bien ce qui l'inquiétait. Mais elle était lionne, et de la mettre en cage, il était hors de question. Il ne put toutefois s'empêcher de lui dire de faire attention, tout concerné qu'il était. Ses yeux suivaient tantôt la bulle d'eau qu'elle manipulait avec dextérité, tantôt allaient à la rencontre du regard sombre de la brune. Je sais. Et je vais bien, ne t’en fais pas. Ils ne m’auront pas. « Je vais y veiller, » répliqua-t-il, son regard cette fois bien ancré sur elle, comme pour appuyer ce qu'il venait de dire. Et plutôt deux fois qu'une. Elle était bien trop précieuse pour tomber aux mains de l'ennemi ou se faire tuer. Enfin, surtout, elle lui était précieuse... Tu ne devrais pas t’inquiéter pour moi, tu sais. Je m’en sors toujours, tu le sais. « En petits morceaux... » souligna-t-il, laissant sa phrase en suspens pour faire comprendre à Atalante qu'il n'aimait pas la voir ainsi. Sans doute l'avait-elle déjà compris, mais Alderan préférait ne rien lui cacher. Son regard se perdait encore une fois sur les bandages fraîchement posés de son amie d'enfance lorsque celle-ci reprit la parole, le tirant de pensées grises. .La prochaine fois que tu vas en mer, tu m’emmènes ?. Il haussa un sourcil, puis se tourna doucement vers la jeune femme, pivotant sur la table d'examens. Finie la mine soucieuse, fini le visage fermé. Alderan Krane était de retour. Il pencha la tête sur le côté d'un air rapace. « Quand tu veux, » répondit-il avec une joie qu'il peinait à dissimuler tant elle était grande. Il avait tant hâte de retourner en mer, de retrouver les flots, la caresse des vagues sur sa peau, la sensation du sable sous ses pieds, entre ses doigts. Alderan se perdit dans ses pensées à cet instant, mais il revint bien vite à lui-même, et ajouta : « Dès qu'on aura quitté cet endroit infâme, je t'embarque. Pour une fois, je pourrai donner les ordres. » Il adressa un clin d'œil taquin à Atalante, puis d'un mouvement de l'index et du majeur, prit le contrôle de la petite bulle d'eau créée par l'Osanos. Il fit une pichenette dans le vide, et la bulle partit droit en direction du nez d'Atalante pour éclater sur son visage dans un petit splouf.
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‹ STATUT : célibataire, elle est trop occupée avec la résistance pour avoir le temps d'y penser.
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‹ METIER : osanos en fuite, elle a été destituée de son poste d'ambassadrice de la nation de l'eau au gouvernement mais elle est avant tout bras droit dans la résistance aux côtés de son frère. atalante met un point d'honneur à aller sur le terrain et porter main forte aux soldats de la résistance.
‹ ALLEGEANCE : à elle, à sa famille, à la résistance. à la justice.
‹ ADIUTOR : galel valandir est son adiutor après des débuts difficiles.
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MessageSujet: Re: what were you thinking (alderan) Hier à 23:03

alderan & atalante
(by anaëlle)

Elle n'aimait pas ça. Sentir son regard trainer sur son visage et descendre jusque sur son épaule là où ses bandages étaient bien apparant, tout frais. L'apercevoir du coin de l'oeil fixer ses blessures et les juger dans un froncement de sourcils. Il n'aimait pas la voir ainsi et elle se cachait de ceux à qui elle tenait d'ordinaire lorsqu'elle revenait blessée pour ne pas les heurter eux ou les inquiéter. Mais aujourd'hui elle avait bravé ses habitudes pour le prendre au piège avant qu'il ne disparaisse dans les catacombes telle une ombre. Catacombes qu'il haïssait. Ça aussi elle le savait. De nombreuses nuits elle l'avait surpris au bord d'un cauchemar, à l'orée d'un mauvais rêve dont elle le tirait, habituée, avec autant de douceur qu'elle le pouvait. Un rituel qui s'était perdu dans le temps et avec l'âge, comme si finalement quelque chose s'était creusé entre eux en grandissant. Atalante se souvenait encore du garçon qu'elle avait rencontré et qu'elle avait longtemps jalousé plus petite, un garçon qui était bien loin à présent. Elle lança un sourire à Alderan qui lui avait, elle s'en rendait maintenant compte, terriblement manqué ces derniers temps. Si l'inquiétude l'avait prise lors de son absence inexpliquée, elle réalisait à présent que son soulagement s'était teinté du plaisir de le retrouver et qu'elle en oubliait presque la colère qui l'avait frappée lorsqu'elle avait vu sa silhouette entrer comme une fleur dans l'infirmerie. Sur le moment, elle avait voulu le frapper, le secouer, l'obliger à s'excuser sans qu'il n'ait pourtant fait quelque chose de mal. S'il avait fait du tort à quelqu'un, ce n'était qu'à elle et Atalante n'ouvrait pas les yeux sur ce qui l'avait poussée à se sentir blessée. Inconsciemment, son esprit préférait se concentrer sur un détail plutôt que de prendre de la hauteur surement de peur de comprendre le tableau qu'ils avaient peint à deux. Elle roula des yeux lorsqu'il lui fit comprendre qu'elle avait beau rentrer, elle ne le faisait pas toujours entière et dans un soupire elle détourna les yeux pour les perdre sur les infirmières qui couraient ça et là. Trop fière pour accepter la réalité de sa propre situation.

« Dès qu'on aura quitté cet endroit infâme, je t'embarque. Pour une fois, je pourrai donner les ordres. » un rire s'étouffa dans sa gorge alors qu'elle se tournait vers lui, faussement outrée. Un sourire barrant son visage, Atalante resta silencieuse puisa baissa la tête la secouant doucement comme pour désapprouver. Il ne manquait pas de culot, était peut-être un des seuls à se comporter de la sorte avec elle : il fallait avouer qu'elle ne laissait que peu de personnes derrière le mur qu'elle s'était construite au fil du temps. "Tu-" La brune n'eut le temps de rien dire de plus. La bulle qu'elle avait crée et qu'Alderan avait décidé de maîtriser à son tour avec son consentement lui éclata au nez. Des perles d'eau se formèrent ça et là, ne tardant pas à couler le long de sa mâchoire, certaines se perdant sur ses lèvres et d'autres filant le long de son cou pour venir mourir dans son décolleté. Atalante resta interdite, surprise. Elle aurait aimé enfiler une mine sérieuse et mécontente pour lui faire regretter ce geste en toute amitié, mais elle ne pu s'empêcher de sourire d'une oreille à l'autre. Sous le choc, certes, mais surtout terriblement amusée. "Tu n'as pas osé ?" dit-elle dans la naissance d'un rire. "Alderan. Krane." commença-t-elle en le fusillant du regard, utilisant son nom entier pour lui annoncer la couleur de ce qu'elle s'apprêtait à dire : qui n'était autre qu'il regretterait son geste une fois remis sur pied -en plaisantant-. Mais une infirmière arriva et se racla la gorge pour les informer de sa présence. L'attitude d'Atalante changea du tout au tout, perdant son sourire sincère et les étincelles dans ses iris. "Oui ?" demanda-t-elle soudainement sérieuse, à nouveau dans le rôle qu'elle incarnait si bien, celui de leader et de bras droit. L'infirmière déglutit, gênée et visiblement stressée et Atalante lui lança un sourire qui se voulait rassurant : elle avait beau être le bras droit -et la soeur- de Johann, elle n'en restait pas moins quelqu'un de bienveillant. L'infirmière lui rendit son sourire et prit enfin la parole. "Je dois voir l'officier Krane pour sa jambe, Madame." Atalante hocha la tête, acquiesçant. Il était vrai qu'Alderman était revenu blessé, et la brune lui jeta un regard inquiet qui retomba sans qu'elle ne le veuille sur sa jambe. "Très bien." dit-elle, même si l'infirmière n'avait pas besoin de son accord pour s'approcher du résistant. Puis elle se leva non sans peine, avant de prendre le bout de tissu qu'on lui avait remis avant que le monde ne semble disparaitre autour d'elle et d'Alderan. Elle mis son bras meurtris en écharpe, ou du moins essaya. "Laissez-moi vous aider..." offrit l'infirmière qui n'attendit pas plus longtemps pour aider Atalante à mettre son bras en écharpe sans pour autant heurter plus encore son épaule. Après plusieurs soupirs douloureux, ce fut fait et Atalante s'adressa à l'infirmière. "Merci beaucoup."

Finalement, la résistante ne parvint pas à s'éloigner. Ses pupilles tournées vers Alderan encore assis sur le lit d'examen. Elle en avait presque oublié l'état dans lequel il était rentré, trop occupée à rire de ses bêtises et imaginer le futur. Quelle idiote. C'était la culpabilité, quelque part, qu'elle ressentait à présent. "Vous pouvez rester si vous le souhaitez Madame." proposa l'infirmière comme si elle avait réussi à lire l'incertitude d'Atalante. La brune ne dit rien, d'abord, avant de s'adresser à Alderan. "Seulement s'il est d'accord, je comprendrais qu'il ne veuille pas." Après tout, nombreux étaient ceux qui préféraient être seuls lorsqu'on soignait leurs blessures. Question de fierté.

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